Musique
« Channel Orange » de Frank Ocean: Déjà un classique.
Bien l’bonjour cher lecteur,
Ca fait plusieurs mois que l’on entend parler de Frank Ocean et de son talent, semble-t-il, exceptionnel. Je n’avais jamais pris la peine d’y jeter une oreille jusqu’à ce que j’apprenne hier qu’il s’était battu avec Chris Brown. Or tout ennemi de cet abruti est mon ami et j’ai donc enfin décidé de m’intéresser à son cas, certes pour des raisons peu reluisantes.
Passons rapidement sur la question de son orientation sexuelle: Frank Ocean est homosexuel et a fait son coming-out le 4 juillet 2012 à travers un billet sur son Tumblr. Dans un univers réputé macho (voir même homophobe) comme celui de la musique Hip-Hop/R’n'B, c’était un geste plutôt courageux et qui a été globalement bien accueilli (sauf par un certain Chris Brown qui s’est fendu d’un « No Homo » lorsque l’on lui a demandé son avis sur cette annonce), Frank Ocean ayant reçu le soutien de nombreuses personnalités comme Jay-Z, Beyoncé ou encore Russell Simmons, éminent businessman de l’industrie hip-hop, notamment fondateur du label Def Jam.

Frank Ocean a fait ses premières armes en tant qu’auteur pour des artistes comme Brandy, Justin Bieber ou encore John Legend. En 2010, il rejoint le collectif OFWGKTA dont le membre le plus connu est le surprenant rappeur Tyler, The Creator mais commence à ne faire vraiment parler de lui que l’année suivante. En effet, en 2011, il participe à l’album « Watch The Throne » de Kanye West et Jay-Z sur lequel il coécrira et cointerprétera les titres « No Church in the Wild » et « Made in America ». Mais c’est surtout grâce au titre « Thinkin Bout You » que la côte du natif de la Nouvelle-Orléans va monter. Initialement écrite pour Bridget Kelly (inconnue chez nous et qui ne semble pas l’être beaucoup plus Outre-Atlantique), Franck Ocean va enregistrer et sortir sa propre version de ce titre le 17 avril 2012. Il servira de premier extrait à son premier album, « Channel Orange » paru le 10 juillet dernier.
Après cette introduction un peu longuette mais nécessaire, attaquons nous donc à ce « Channel Orange » que toute la critique encense (Selon le site Metacritic.com, la moyenne des reviews professionnelles de ce disque culmine à 92 sur 100). Ce n’est pas clairement évoqué dans ce billet mais je pense que vous l’aurez deviné, Frank Ocean est un chanteur plutôt Soul/R’n’B. On vous avait parlé il n’y a pas si longtemps de The Weeknd qui évolue dans le même genre musical. Si les deux artistes développent des ambiances très différentes (The Weeknd ayant un coté résolument plus torturé), les deux ont en commun une vrai subtilité, une classe authentique dans leur façon d’aborder la musique ainsi qu’un univers propre et cohérent décliné sur chacun de leurs morceaux.
L’album s’ouvre sur le générique qui accompagne le démarrage de la Playstation 1ère du nom, un moyen assez malin de susciter une certaine émotion empreinte de nostalgie pour beaucoup de personnes de ma génération. Vient ensuite le fameux titre « Thinking Bout You ». Il traite de la tourmente ressentie lorsque quelqu’un vous obsède mais sans réciprocité. Comme indiqué plus tôt, il a été écrit initialement pour être interprété par une fille, pourtant Frank Ocean le chante sans avoir remanié les paroles. On se retrouve donc avec des phrases comme « My eyes don’t shed tears, but Boy they pour when I’m thinkin bout you » qui prennent tout leur sens suite au coming-out du chanteur.
Un autre titre marquant de cet album, « Pyramids », raconte l’histoire d’une Cléopâtre moderne travaillant comme strip-teaseuse. Pourquoi marquant ? Car d’une durée assez exceptionnelle, presque 10 minutes,et d’une versatilité bluffante puisque l’on passe d’un son club à des mélodies typiquement soul pour finir sur un solo de guitare assuré par le prodige John Mayer. En un seul titre, Frank Ocean nous éclabousse de toute sa maitrise, que ce soit en matière d’écriture ou de composition. NME, un magazine musical de référence en Grande-Bretagne, est même allé jusqu’à comparer « Pyramids » à un chef d’œuvre tel que « Purple Rain » de Prince, c’est dire.
Chaque morceau de cet album mériterait son propre paragraphe, malheureusement, l’article commence à se faire long. On compte donc sur vous pour vous précipiter (si ce n’est pas déjà fait) sur ce diamant poli qu’est « Channel Orange ». C’est peut-être la première fois qu’on parle de cet artiste sur ce blog mais ce n’est assurément pas la dernière.
« Channel Orange » de Frank Ocean, sorti chez Def Jam le 10 Juillet 2012.
A$AP Rocky, Long Live The King!!
Bien l’bonjour cher lecteur,
Après deux chroniques sur des disques pas vraiment récents, on revient de plein pied dans l’actu avec le premier album de l’enfant terrible du Hip-Hop East Coast : A$AP Rocky et son « Long.Live.A$AP » sorti le 15 janvier dernier.
Rakim Mayers a énormément fait parler de lui en 2012 pour de bonnes et de mauvaises raisons. Réglons tout de suite la question des mauvaises : A$AP Rocky n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un enfant de chœur. Il a d’ailleurs plaidé coupable fin décembre 2012 pour une affaire d’agression ayant eu lieu en juillet de la même année. Il faut dire qu’il a eu une enfance plutôt difficile : Son père est envoyé en prison pour une affaire de drogue alors qu’il n’a que 12 ans (+ 30 pts en street crédibilité) et un an plus tard, son frère se fait tuer près de chez lui (Bonus d’XPx3 en street crédibilité). Vous conviendrez qu’il y a mieux comme départ dans la vie. Heureusement pour lui, Rakim Mayers est doué pour une chose : le Hip-Hop. Il y est d’ailleurs prédestiné puisque son prénom est un hommage au mythique duo de rappeurs, Eric B & Rakim (A l’origine du classique « Don’t Sweat The Technique », utilisé à maintes reprises dans des battles de danse hip-hop). Ce qui nous amène aux bonnes raisons de parler d’A$AP Rocky.
A l’instar d’une certaine Azealia Banks, il a distillé pas mal de titres au cours de l’année 2012 et a donc généré une certaine excitation autour de son travail. Des titres comme « Purple Swag », « Goldie » ou encore l’excellent « Hands on the Wheel » ne sont pas passés inaperçus pour beaucoup d’entre vous (surtout si vous écoutez les playlists de LaTeam ;). A noter qu’il a également fait une apparition remarquée dans le clip « National Anthem » de Lana Del Rey. A$AP Rocky a donc un certain talent pour attirer l’attention, et cela ne s’est pas démenti avec les nombreux reports (trois au total) dans la sortie de son premier album sur une major.
Le rappeur new-yorkais méritait-il tant d’égards ? En écoutant « Long.Live.A$AP », il est difficile de penser le contraire. Ce premier album est globalement une réussite. Déjà, il ne se moque pas de nous en livrant pas moins de 12 titres (et même 16 dans la version Deluxe) dont de nombreux inédits. Bien sûr, certains morceaux sont plus anecdotiques que d’autres, comme le feat. de Santigold sur le titre « Hell » dont l’intérêt est assez discutable.
En parlant de collaboration, force est de constater qu’A$AP Rocky sait s’entourer. J’en veux pour exemple le single « Fuckin’Problem » qui réunit rien de moins que Drake, 2 Chainz et Kendrick Lamar soit simplement ce qui se fait de mieux en terme de nouvelle scène Hip-Hop US.
Un autre featuring qui a suscité mon intérêt et qui est présent uniquement sur la version Deluxe, c’est « I Come Apart » avec Florence Welch, chanteuse de Florence + The Machine. C’est assez inattendu comme duo mais ça fonctionne formidablement bien. Je ne suis pas vraiment un fan des titres hip-hop dont le refrain est assuré par une chanteuse mais ici, on est très loin du cliché R’n’B à base de « Oohhh Ohh Yeah Yeah » et autre jérémiade. L’Anglaise apporte juste ce qu’il faut de finesse et de mélancolie au titre.
Pour en finir avec les collaborations de cet album, en voici une qui a fait couler beaucoup d’encre lors de l’annonce : Skrillex. Les « What ? Are you fucking kidding me ?! » ont fleuri sur le net quand l’information a été lâchée. Mais une fois le titre sorti, nombreuses ont été les personnes surprises par ce morceau taillé pour le club.
Bien sûr, A$AP Rocky est aussi capable de sortir de très bons titres avec des artistes moins connus comme Schoolboy Q sur le titre « PMW » (Acronyme de Pussy, Money, Weed… Ouais, bon, on repassera pour la profondeur des paroles) qui était déjà à ses cotés sur le morceau « Hands on the Wheel » ou même tout seul comme un grand sur « Phoenix » , chanson assez posée à l’ambiance particulière.
En résumé, « Long.Live.A$AP » est un album solide, cohérent, avec quelques maladresses mais qui qui n’a pas été dénaturé par le passage en major du rappeur.
« Long.Live.A$AP “ d’A$AP Rocky. Sorti le 15 janvier 2013 chez RCA.
Les Disques de Papa #2: « Let It Bleed » des Rolling Stones
Bien l’bonjour cher lecteur,
Si vous êtes des afficionados de LaTeam.fr, vous savez qu’il existe une nouvelle rubrique au sein de la chronique musicale: Les Disques de Papa. Chaque mois, on vous propose de revenir sur un classique de la musique contemporaine qui a sûrement bercé la jeunesse de vos chers parents.
Après avoir commencé par Michael Jackson, on s’attaque aux monstres sacrés du Rock’n’Roll « Made In England » : Les Rolling Stones et leur mythique « Let It Bleed ».
Pourquoi avoir choisi cet album plutôt qu’un autre ? Simplement parce que c’est le premier où le guitariste Mick Taylor apparait officiellement dans le groupe en remplacement de Brian Jones, contraint de quitter le groupe pour des problèmes de drogue et qui sera retrouvé mort dans sa piscine un mois après son départ. L’arrivée de ce musicien de très grand talent marquera l’âge d’or des Stones puisqu’il officia dans le groupe de 69 à 75, période durant laquelle sont notamment sortis « Exile on Main Street » et « Sticky Fingers » (avec la célèbre pochette réalisée par Andy Warhol).

« Let It Bleed » est un album assez court puisque composé uniquement de 9 titres, mais quels titres !! Le disque s’ouvre sur un morceau devenu un standard du groupe, et même du rock (bien que jamais édité en single) : « Gimme Shelter », chanson mélodique et ravageuse co-écrite par Keith Richards et Mick Jagger évoquant la recherche d’un abri durant une tempête, allégorie d’un monde en perdition qui découvrait une guerre d’un genre nouveau (Vietnam en 69).
Figurent également sur cet opus :
- « Love in Vain », une reprise de la chanson blues de Robert Johnson enrichie d’accords lui donnant un coté country. En écoutant ce titre, on s’imagine facilement un décor de western où le héros doit quitter son « Home Sweet Home » pour aller accomplir on-ne-sait quelle besogne…
- « Country Honk », une version country du célébrissime « Honky Tonk Woman » sorti en single la même année
- «Midnight Rambler », titre flirtant avec les premières influences des Stones puisque très bluesy. Les paroles, très sombres, évoquent le point de vue d’un prédateur sexuel inspiré de l’affaire de « L’étrangleur de Boston ». Cette chanson est également devenue un classique du groupe, grâce à son interprétation live où Mick Jagger rampe sur scène et la frappe avec sa ceinture.
Enfin, comment parler de « Let it Bleed » sans faire référence à la chanson qui le termine, devenu pour beaucoup leur morceau préféré du groupe : « You Can’t Always Get What You Want ». C’est un titre particulier à plusieurs égards. Tout d’abord, le groupe a fait appel à la prestigieuse London Back Choir pour assurer le début et la fin du titre. Intervient également un cor d’harmonie joué par Al Kooper. Enfin, ce n’est pas Charlie Watts, le batteur habituel, qui assure les percussions mais le producteur du groupe, Jimmy Miller. Aussi incongru que cela puisse paraître, Mick Jagger a confié dans une interview en 2003 que Charlie Watts ne parvenait à jouer le morceau dans le rythme.
En contradiction avec les chœurs et la mélodie plutôt enjoués, les paroles traitent de trois sujets majeurs des années 60 : L’amour, la politique et les drogues. A chaque couplet, sont mis en opposition l’optimisme des débuts et le désenchantement final. Puis vient le refrain, comme une rengaine, une conclusion somme toute réaliste et pragmatique : « On ne peut pas toujours obtenir ce que l’on désire mais en essayant, on finit par avoir ce dont on a besoin ».
En conclusion, « Let it Bleed » est un album dense, solide où les Stones étoffent leur jeu, leurs compositions, préfigurant de leur mainmise sur le rock des 70’s.
Zero 7: Les choses les plus simples sont souvent les meilleures
Bien l’bonjour cher lecteur,
Etant le premier a publier sur notre beau blog en 2013, je me plie non sans enthousiasme à la tradition en vous souhaitant une excellente année 2013 faîte de concerts géniaux, de gourmandises visuelles, d’évènements sportifs historiques, de pubs déjantées, d’ouvrages mémorables et jeux indies funs à souhait.
Le choix du thème de ce premier billet de l’année fût assez compliqué. Devais-je vous parler de « Paris Sud Minute » (premier album événement de 1995), faire un nouvel article pour la rubrique « Les Disques de Papa » ou tout simplement vous parler d’un album que j’écoute en boucle depuis une quinzaine de jours ? « Paris Sud Minute » ne m’ayant pas plus emballé que ça, Les Disques de Papa pouvant attendre, parlons de Zero 7, et plus particulièrement de « Simple Things », leur premier CD sorti en 2001.
Zero 7 est un duo de producteurs Londoniens, Henry Binns et Sam Hardaker, officiant dans le Trip-Hop, genre où les British ont l’habitude d’exceller puisque les trois groupes phares de ce mouvement, Morcheeba, Portishead et Massive Attack, sont originaires du sud de l’Angleterre.
Pour beaucoup, la rencontre avec ce groupe s’est faite grâce au titre « In the waiting line » présent sur l’excellente bande originale de l’excellent film « Garden State » de l’excellent Zach Braff. Cette chanson a d’ailleurs été également utilisée dans les séries House M.D., Numb3rs et Sex & The City.
Cela nous permet donc d’enchainer sur l’album « Simple Things » dont elle est extraite. Comme indiqué en préambule, il s’agit du tout premier disque de Zero 7. Pour un premier essai, ce fût un coup de maitre puisque l’album fût largement encensé par la critique (Une moyenne de 4/5 d’après le site Allmusic.com) et le public (Plus de 100 000 exemplaires vendus en Grande-Bretagne). Les raisons de ce succès ? Un album solide de bout en bout, d’une classe assez folle grâce à des mélodies aériennes, épurées et complexes à la fois. Zero 7 produit une musique atmosphérique totalement enivrante. Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont également eu l’intelligence de s’entourer de trois voix se mêlant parfaitement à leur univers, à savoir Mozez, Sophie Barker et Sia Furler (connue depuis du grand public via le titre « Titanium » de David Guetta).
Des chansons comme « This World », « I Have Seen » ou encore « Destiny » sont des classiques instantanés qui raisonneront longtemps dans votre esprit. C’est d’ailleurs la force de « Simple Things » : On a beau l’écouter en boucle, on ne s’en lasse pas. Mieux, il a beau être sorti il y a plus de 10 ans, il sonne toujours aussi moderne et n’a pas pris une ride.
Zero 7 – « Simple Things », sorti le 12 juin 2001 (Ultimate Dilemma Records)
Les Disques de Papa #1: Off The Wall de Michael Jackson
Bien l’bonjour cher lecteur,
Aujourd’hui, on inaugure une nouvelle rubrique au sein de la chronique musicale hebdomadaire de LaTeam.fr: Les Disques de Papa.
Le concept? Rien de bien compliqué. Un peu comme en littérature, pour pouvoir analyser et comprendre ce qui est fait de nos jours, il faut avoir une connaissance des classiques. On se propose donc chaque mois de vous faire la review d’un album qui a marqué la musique contemporaine. On touchera à tous les styles. Des disques comme « The Black Album » de Metallica, « Initiales B.B« . de Serge Gainsbourg ou encore « Homework » de Daft Punk seront passés à la moulinette.
Comment ne pas démarrer ce nouveau rendez-vous par l’artiste le plus récompensé de tous les temps ? On attaque donc avec « Off The Wall« de Michael Jackon, référence incontestée et incontestable des années 80, bien qu’un peu éclipsée dans l’inconscient collectif par le succès de l’album qui lui succédera, « Thriller« .
« Off The Wall« est charnière pour la carrière du plus jeune des Jackson 5. En effet, après 4 albums solo au sein du prestigieux label Motown (et sous l’ombre du clan familial), il rejoint Epic (qui deviendra Sony Music par la suite) pour un opus sur lequel il aura la mainmise artistique. Ce disque signe également le début de la collaboration pour le moins fructueuse entre MJ et le producteur Quincy Jones qui prendra fin après l’album « Bad« . Enfin, plus anecdotique, il marque le passage de Michael Jackson dans l’âge adulte puisqu’il est sorti le 10 août 1979, soit 3 semaines avant son 21ème anniversaire.
Pour beaucoup, Michael Jackson est un interprète d’exception doté d’une voix cristalline et d’une technique sans pareille. C’est indéniable, notamment avec le morceau d’ouverture « Don’t stop’till you get enough », chanté entièrement en fausset (Une technique qui consiste à chanter dans un registre très aigu obtenue en empêchant la contraction normale des cordes vocales). Mais il ne faut pas oublier qu’il est également un compositeur et un auteur de grand talent. En effet, c’est lui qui a écrit et produit ce morceau phare de cet album. Il est également à l’écriture et à la co-production sur les titres « Workin’Day’n’Night » et « Get on the floor ». Ce sont d’ailleurs deux titres assez différents, le premier ayant une dominante funk alors que le second lorgne plus du côté du disco.
Cela nous permet d’ailleurs d’enchaîner sur l’aspect musical d’ « Off The Wall ». C’est un amalgame de Funk, de Soul et de Disco. Michael Jackson arrive à concilier ces trois genres sans que l’un prenne le pas sur l’autre. L’album est d’une qualité assez dingue et ce, du début à la fin. « Rock with you » et « I Can’t Help It » sont des classiques R’n’B instantanés, « Burn This Disco Out » n’a rien à envier à des titres d’Earth, Wind & Fire.
En conclusion, « Off The Wall » est une réussite totale et même si la mode actuelle n’est plus à ce genre de musique, il n’a pas pris une ride. Pour beaucoup, « Thriller » est le meilleur album de Michael Jackson mais on est convaincu qu’« Off The Wall » a posé les bases de ce succès planétaire.
P.S: N’hésitez pas nous dire ce que vous pensez de cette nouvelle rubrique et à également nous recommander des albums pour les prochaines même si on a déjà notre petite idée pour la suite
Joke – Kyoto: Tremblement de terre en vue!!
Bien l’bonjour cher lecteur,
Est sorti hier « Futur », le nouveau disque du Duc de Boulogne, alias Booba. Pour autant, ce ne sera pas le sujet traité ici-même. Pourquoi? D’une part, on n’a pas été super emballé par ce dernier et d’autre part, d’autres se chargeront de le disséquer bien mieux que nous. Où est donc l’intérêt d’en parler en guise d’introduction de cet article? Simplement parce qu’on a décidé de vous parler d’un MC venant tout juste de sortir un nouvel EP et qui incarne justement le futur du hip-hop français à nos yeux. Son nom: Joke.
Originaire de Montpellier, encore méconnu du grand public mais déjà bien installé dans le Rap Game, grâce à un premier disque qui avait plutôt bien marché, « Prêt pour l’argent », sorti en 2009 sur le feu-label Stunts (Créé à l’époque par Teki Latex et Orgasmic de TTC), Joke nous revient avec un deuxième opus nommé « Kyoto ». Concernant l’origine du titre, pas besoin de chercher midi à 14h : Le bonhomme a envie d’aller au Japon et va nommer sa prochaine release « Tokyo ».
Ce n’est pas la première fois qu’on présente ici un artiste catalogué « Relève du rap français » puisqu’il y a eu des papiers sur Deen Burbigo, Nekfeu et consort. Alors pourquoi renouveler l’expérience ? En quoi sort-il du lot ? Premièrement, il ne fait pas parti de L’Entourage… Plus sérieusement, depuis son premier EP, sur lequel il porte un œil assez critique à travers une interview parue sur l’Abcdr du Son : « En ce qui me concerne, j’ai pas mal grandi depuis et c’est un projet que j’aime moins puisque j’ai vraiment du mal à le réécouter. J’ai l’impression que les morceaux ont pas mal vieilli (…)», Joke a vraiment évolué : les productions plus abouties, le flow mieux maitrisé, l’ensemble bien plus cohérent. Beaucoup de jeunes MC ayant connus un succès rapide ont tendance à se reposer sur leurs lauriers et sont étrangers à la notion de remise en question. Ce n’est pas du tout le cas du Montpelliérain, qui a grandi sur le fond.
En revanche, sur la forme, on reste toujours sur le triptyque véhiculé par le hip-hop Outre-Atlantique : Egotrip, Thunes & Nanas. N’étant pas adepte du « rap conscient », ce n’est pas quelque chose qui nous dérange, surtout que ce parti pris est complètement assumé par l’artiste qui se place plus dans la démarche d’un entertainer que d’un donneur de leçons. De toute façon ayant grandi en écoutant des types comme Dre, Eminem, Ludacris ou Jay-Z, on s’y attendait un peu.
Enfin, si l’on devait vous conseiller un morceau à écouter en plus des deux présents sur cet article, ce serait sans doute, « 4D », le morceau d’ouverture de « Kyoto » où Joke impose de suite son empreinte.
« Kyoto », de Joke : Sorti le 26 novembre chez Golden Eye Music. Il sera en concert le 21 novembre prochain à la Maroquinerie.
The Weeknd: Sex & Drugs & Soul?!
Bien l’bonjour cher lecteur,
Une fois n’est pas coutume nous allons vous parler d’un artiste évoluant dans un genre musical en totale perdition ces dernières années: le R’n'B, acronyme barbare dans lequel on a classé tout et n’importe quoi ayant perdu son âme… L’artiste se nomme The Weeknd et nous vient du Canada dont on est devenu assez méfiant depuis Justin Bieber et Carly Rae Jepsen. On vous rassure de suite: Il ne joue définitivement pas dans la même cour.
On a attendu la sortie de son premier album, « Trilogy », pour vous parler de lui mais Abel Tesfaye fait parler de lui depuis bientôt deux ans, notamment grâce à une première mixtape gratuite, nommée « House of Balloons » sortie début 2011, accueillie plus que positivement. Deux autres mini-albums également gratuits ont suivi la même année : « Thursday » en août et « Echoes of Silence » en décembre. Tiens donc, l’album s’appelle « Trilogy » et il a sorti avant 3 EP… Ne me dites pas que !? Et bien si, « Trilogy » est simplement la réunion de ces 3 mini-albums (remasterisés pour l’occasion tout de même) sur le même disque et même si cela peut passer pour de la fainéantise aux yeux de certains, on ne criera pas à l’arnaque puisque vu la qualité du travail fourni, The Weeknd mérite bien d’en tirer quelque pécule. Réunir ces 3 EP fait également sens puisque l’esprit des trois est très similaire étant donnée leur proximité chronologique.
Si dans l’introduction de cet article, on le classait dans le registre « R’n’B », c’est uniquement pour son timbre de voix à mi-chemin entre R-Kelly et Michael Jackson mais au final, c’est réducteur, voir péjoratif de catégoriser le bonhomme ainsi. Son œuvre est bien plus ambitieuse que cela. Les productions sont dépouillées mais toujours intelligentes et racées, instiguant une ambiance assez malsaine s’accordant étonnamment bien avec sa voix cristalline. C’est un peu le paradoxe de The Weeknd : Lorsqu’on l’entend pour la première fois, on s’attend à des paroles mielleuses, des mots doux susurrés alors qu’au final, on se retrouve avec des textes obscènes faisant l’apologie de la drogue, du sexe, des orgies nocturnes et des matins qui déchantent à l’image du titre « Life of the Party » :
« Go downtown with the drugs in your body, Take that step you’re the life of the part, Know that step you’re the life of the party (…) How you twist with your hips got the room so slow baby, Girl please don’t go, You’re gonna please my boys, You been thinking about it baby »
Et le pire, c’est qu’on en redemande. C’est fait avec tellement de classe, de finesse que la pilule passe toute seule. Bien sûr, le tableau ne serait pas complet si l’amour n’était pas évoqué au fil des titres mais encore une fois, il n’est pas là pour faire les bons sentiments et l’eau-de-rose. Un autre exemple avec le titre « Wicked Games »:
«Bring your love baby I can bring my shame, Bring the drugs baby I can bring my pain, I got my heart right here, I got my scars right here »
Enfin une mention spéciale pour sa reprise de « Dirty Diana » de Michael Jackson qui est très probablement la meilleure faite jusque-là. Le choix de ce morceau n’est certainement pas dû au hasard puisque le titre original colle assez bien avec l’atmosphère générale de ce « Trilogy » tant au niveau du thème que de la musique.
Bonus Track avec « Rolling Stone » parce que même dans des registres plus doux, le mec excelle…
Lilly Wood & The Prick mettent la folk française K.O avec « The Fight »
Bien l’bonjour cher lecteur,
J’ai comme le sentiment qu’on n’a jamais vraiment parlé de folk dans cette rubrique. Certains comparses de LaTeam me l’ont d’ailleurs reproché (de façon très polie, rassurez-vous). N’étant pas un grand amateur de ce genre de musique, j’attendais un vrai coup de cœur pour faire un papier là-dessus. Il est enfin arrivé hier, le 5 novembre 2012, jour de sortie du second album du duo Lilly Wood & The Prick, « The Fight ».
Ils avaient créé la surprise en 2010 avec l’album « Invicible Friends » pour lequel ils avaient d’ailleurs reçu la victoire de la musique de la « Révélation du public » face à Ben L’Oncle Soul, Camélia Jordana et (l’infâme) Zaz. Succès amplement mérité au regarde de la qualité de ce premier disque, des titres comme « Down the drain » et « This is a love song » faisant désormais parti de l’inconscient collectif. Il s’agissait donc de voir si nos deux Français allaient être capable de transformer l’essai en nous livrant un deuxième album au moins aussi bon.
Dès le premier morceau, « Where I want to be (California) », on reconnait la patte du groupe : Une guitare très claire, une basse bien marquée et le brin de voix mélancolique de Nili Hadida. On comprend donc assez vite que ce disque sera dans la continuité du précédent et après tout, pourquoi pas. Cette impression est confirmée avec le titre suivant, « Let’s not pretend ». On retrouve ce qui a fait le sel de leur musique, ce mélange improbable de mélodies enjouées et de textes sombres évoquant les maux du cœur. Nili Hadida confie d’ailleurs dans une interview donnée au journal gratuit Métro : « Il me donne le cafard, cet album mais comme je suis quelqu’un de sensible, je dois un peu dramatiser ! » Malgré cela, ce n’est pas un opus déprimant. Certes, les thèmes abordés ne sont pas des plus folichons, mais les mélodies du duo, toujours aussi entraînantes et efficaces, équilibrent le tout. L’album est d’une homogénéité remarquable au niveau de la qualité de composition et on écoute chaque titre avec beaucoup de plaisir. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire est d’être relativement court : 11 chansons pour un peu plus de 40 minutes.
Si vous n’êtes toujours pas convaincu, écoutez les titres « Guys in Band » et « Joni Mitchell », tous deux disponibles sur Deezer et Spotify.
A noter que Lilly Wood and The Prick seront en tournée à partir de janvier 2013 avec un passage par La Cigale à Paris le 21 février prochain.
Disiz – Extra Lucide
Bien l’bonjour cher lecteur,
Faisant office d’O.V.N.I. dans le rap héxagonal, Disiz (La Peste) est ce qu’on pourrait appeler un MC libre. Faisant toujours fi des conventions et se fiant uniquement à son instinct, il a touché à tout : le rap «Skyrock » avec le tube « J’pète les plombs », le rock sous le pseudo de Disiz Peter Punk, les expériences musicales avec son pote Grems via le projet « Klub Sandwich » (que vous devez absolument écouter si vous ne connaissez pas !!) et même à l’écriture à deux reprises, notamment en 2009 avec le roman « Les derniers de la rue Ponty ».
Cette fois, Sérigne M’Baye Gueye est de retour avec « Extra Lucide », un album beaucoup plus classique dans la forme mais toujours autant fort sur le fond. Ne vous méprenez pas. Classique ne veut pas dire dénué d’originalité. C’est juste que cette fois, Disiz ne nous sort pas un album concept. Ce LP est simplement le résultat du regard d’un homme sur notre société. Un homme qui a d’ailleurs beaucoup de choses à dire puisqu’il n’y a pas moins de 20 titres sur ce disque. Comme d’habitude avec Disiz, l’écriture est mise à l’honneur. Les thèmes abordés y sont assez divers et il nous est impossible de revenir sur chaque chanson. Citons pêle-mêle :
- La société de consommation sur le morceau d’ouverture « Combien de temps »
- L’envie de s’en sortir et de devenir quelqu’un sur « Best day »
- Les relations sentimentales dématérialisées sur « Porté disparu »
- Le soutien de la famille, des amis sur « Les Bienveillants »
- Les gens qui font beaucoup de bruit pour rien sur « Toussa Toussa »
Musicalement, c’est aussi très varié. Cela est sans doute dû à son approche de la création musicale. Il nous l’explique d’ailleurs dans une interview vidéo donnée à la Fnac sa façon de procéder. Il aime mixer les pistes de plusieurs instrus qu’il reçoit pour créer une nouvelle mélodie. On a donc plein d’influences qui se mêlent et chaque morceau ne ressemble à aucun autre. Au niveau des featuring, deux rappeurs dont on vous a déjà parlé sur ce blog sont présents : Orelsan (On annonce: Futur tube!!) et Mac Miller. Dans les deux cas, Disiz a tenu à rencontrer les artistes avant de travailler avec eux. On est donc loin des enregistrements impersonnels, faits à des kilomètres, chacun posant de son coté sur l’instru. Youssoupha était aussi pressenti pour collaborer à cet album mais des incompatibilités d’agenda ne lui ont pas permis d’être présent. En dehors de ça, tous les morceaux sont le fruit du travail de Disiz. Là encore, on est un peu à contre-courant de la mouvance actuelle où les feat. s’enchainent à longueur d’albums rendant le tout assez impersonnel.
En résumé, on a donc à faire à un album réussi avec un contenu pléthorique qu’il faudra écouter plusieurs fois pour s’en imprégner totalement.
China Rats: « No Job, No Money, No Future, No Fear »
Bien l’bonjour cher lecteur,
Grande nouvelle!! Ça fait quelques temps qu’on n’a pas eu à faire à l’émergence d’un vrai groupe de rock anglais. Vous savez, ceux avec des airs de « Va te faire f*****!! » dans la voix, des mélodies simples mais qui raisonnent toute la journée dans la tête. Heureusement, China Rats débarque et nous file pas mal d’espoir.
China rats, ce sont quatre gamins originaires de Leeds en Angleterre qui ont décidé de jouer ensemble il y a à peine 1 an. Pour le moment, ils n’ont sorti que 7 morceaux mais tous plus prometteurs les uns que les autres. D’ailleurs, nombreuses sont les revues musicales à en faire les futures figures de proue du Brit Rock, les Inrock’ les qualifiant par exemple de « Pop pressée, racée, teigneuse, morveuse. » Oui, bon, Pulvar et sa clique ne sont pas toujours dess plus inspirés mais en l’occurrence, la formule correspond vraiment à ce que le groupe dégage.
Lorsqu’on entend la voix de leur leader, Graeme Thomson, il est pratiquement impossible de ne pas songer à une version plus éraillée d’Alex Turner des Arctic Monkeys. Musicalement, on est dans du rock anglais tout ce qu’il y a de plus conventionnel mais allez savoir pourquoi, la magie opère. La faute sûrement à la fougue (Le titre de l’article correspond au fond d’écran de leur site web : http://chinarats.co.uk/ ) et la fraicheur dégagées par le quartet. On a envie d’écouter une chanson, puis une autre et ainsi de suite. Les paroles sonnent très « U.K. Working Class » avec des titres comme « N.O.M.O.N.E.Y. » qui ne requiert pas vraiment d’explication, « Take no prisoners » évoquant les jeunes friqués ne songeant qu’à s’afficher et se murger ou encore « «(At least those) Kids are getting fed » au sujet des habitants d’un quartier de Leeds réputé pauvre où le groupe fait ses répétitions.
Bref, un groupe qui sonne authentique et à suivre au cours des prochains mois !!
Allé, encore deux morceaux pour la route:
Boys Noize – Out of the Black
Bien l’bonjour cher lecteur,
Cette semaine, on décortique «Out of the Black», le dernier album du leader de l’électro «Made In Germany», Boys Noize. Comme d’habitude, on vous présentera le personnage avant d’entrer dans la critique en elle-même.
Alors Boys Noize, qui est-ce ? Pour l’état civil allemand, il s’appelle Alexander Ridha, né en 1982 à Hambourg et résidant actuellement à Berlin. Pour les fans de musique électronique, c’est simplement l’un des artistes majeurs de ces 5 dernières années. A son actif pour le moment : 3 albums, des remixes en pagaille (dont l’excellent «My Moon, My Man» de Feist même s’il commence à dater), des collaborations avec des pointures comme Chilly Gonzales, Mr. Oizo, ou encore Skrillex à travers le projet Dog Blood et surtout un label, Boys Noize Records (où figurent des artistes reconnus comme Spank Rock, Djedjotronic et Les Petits Pilous).
Depuis son premier LP, «Oi Oi Oi» sorti en 2007, chaque release du Berlinois est attendue avec beaucoup d’excitation, le DJ/Producteur ayant toujours tapé dans le mille en surprenant ses fans. Cet album ne déroge pas à la règle, d’autres horizons étant explorés. Le tout sonne plus «dark», plus techno qu’à l’accoutumée. Heureusement, on retrouve toujours la signature du « son » Boys Noize avec ses mélodies frénétiques et autres voix robotiques, surtout sur le titre d’ouverture «What you want», une véritable petite bombe à écouter très fort qui aurait eu totalement sa place dans l’album live «Alive 2007» de Daft Punk. Les morceaux «XTC», «Missile» et «Touch It» s’inscrivent dans la même veine avec un son assez agressif et des rythmes quasi-névrotiques auxquels Alex Ridha nous a habitués sur ces dernières sorties.
Mais il y a aussi des productions plus mélodiques comme «Reality» ou «Ich R U» bien que complètement différentes l’une de l’autre. La première dégage une ambiance malsaine, limite difficile à écouter comme l’indique Boys Noize sur la version commentée d’ «Out of The Black». D’ailleurs, il a volontairement mis un morceau plus aérien juste après, « Merlin ». En revancheIch R U» est un titre très agréable, l’artiste le qualifiant de « Super funky » et de « Chanson pour les filles » avec un brin d’humour.
Enfin deux morceaux sortent complètement du lot à cause de la partie vocale puisque nous ne sommes plus en présence de voix trafiquées façon robot mais de deux rappeurs. D’un côté, Gizzle sur «Circle Full of Clowns» et de l’autre, Snoop Dogg sur «Got It». Ce sont sans doute les deux seuls ratés de l’album. On n’a pas vraiment compris l’intérêt de la présence des deux MC, forçant Boys Noize à faire des productions beaucoup moins punchy et du coup, on s’ennuie ferme.











