Bien l’bonjour cher lecteur,
Si vous êtes des afficionados de LaTeam.fr, vous savez qu’il existe une nouvelle rubrique au sein de la chronique musicale: Les Disques de Papa. Chaque mois, on vous propose de revenir sur un classique de la musique contemporaine qui a sûrement bercé la jeunesse de vos chers parents.
Après avoir commencé par Michael Jackson, on s’attaque aux monstres sacrés du Rock’n’Roll « Made In England » : Les Rolling Stones et leur mythique « Let It Bleed ».
Pourquoi avoir choisi cet album plutôt qu’un autre ? Simplement parce que c’est le premier où le guitariste Mick Taylor apparait officiellement dans le groupe en remplacement de Brian Jones, contraint de quitter le groupe pour des problèmes de drogue et qui sera retrouvé mort dans sa piscine un mois après son départ. L’arrivée de ce musicien de très grand talent marquera l’âge d’or des Stones puisqu’il officia dans le groupe de 69 à 75, période durant laquelle sont notamment sortis « Exile on Main Street » et « Sticky Fingers » (avec la célèbre pochette réalisée par Andy Warhol).

« Let It Bleed » est un album assez court puisque composé uniquement de 9 titres, mais quels titres !! Le disque s’ouvre sur un morceau devenu un standard du groupe, et même du rock (bien que jamais édité en single) : « Gimme Shelter », chanson mélodique et ravageuse co-écrite par Keith Richards et Mick Jagger évoquant la recherche d’un abri durant une tempête, allégorie d’un monde en perdition qui découvrait une guerre d’un genre nouveau (Vietnam en 69).
Figurent également sur cet opus :
- « Love in Vain », une reprise de la chanson blues de Robert Johnson enrichie d’accords lui donnant un coté country. En écoutant ce titre, on s’imagine facilement un décor de western où le héros doit quitter son « Home Sweet Home » pour aller accomplir on-ne-sait quelle besogne…
- « Country Honk », une version country du célébrissime « Honky Tonk Woman » sorti en single la même année
- «Midnight Rambler », titre flirtant avec les premières influences des Stones puisque très bluesy. Les paroles, très sombres, évoquent le point de vue d’un prédateur sexuel inspiré de l’affaire de « L’étrangleur de Boston ». Cette chanson est également devenue un classique du groupe, grâce à son interprétation live où Mick Jagger rampe sur scène et la frappe avec sa ceinture.
Enfin, comment parler de « Let it Bleed » sans faire référence à la chanson qui le termine, devenu pour beaucoup leur morceau préféré du groupe : « You Can’t Always Get What You Want ». C’est un titre particulier à plusieurs égards. Tout d’abord, le groupe a fait appel à la prestigieuse London Back Choir pour assurer le début et la fin du titre. Intervient également un cor d’harmonie joué par Al Kooper. Enfin, ce n’est pas Charlie Watts, le batteur habituel, qui assure les percussions mais le producteur du groupe, Jimmy Miller. Aussi incongru que cela puisse paraître, Mick Jagger a confié dans une interview en 2003 que Charlie Watts ne parvenait à jouer le morceau dans le rythme.
En contradiction avec les chœurs et la mélodie plutôt enjoués, les paroles traitent de trois sujets majeurs des années 60 : L’amour, la politique et les drogues. A chaque couplet, sont mis en opposition l’optimisme des débuts et le désenchantement final. Puis vient le refrain, comme une rengaine, une conclusion somme toute réaliste et pragmatique : « On ne peut pas toujours obtenir ce que l’on désire mais en essayant, on finit par avoir ce dont on a besoin ».
En conclusion, « Let it Bleed » est un album dense, solide où les Stones étoffent leur jeu, leurs compositions, préfigurant de leur mainmise sur le rock des 70’s.

Merci pour les anecdotes
faut que je regarde la vidéo quand je serais pas au bureau !