Polémiques
Le grand déballage
Ce soir l’Amérique entière attend le grand déballage. Celui de l’un de ses champions les plus emblématiques : Lance Armstrong. Ce n’est pas la première fois que vous entendez parler du cycliste texan sur ce blog. Mais c’est cette fois-ci particulièrement lourd. Le vainqueur déchu de 7 tours de France (record absolu) devrait confesser au moins une partie des pratiques dopantes qu’il s’est autorisé tout au long de sa carrière, au cours d’une interview réalisée par Oprah Winfrey. Initialement prévue uniquement aujourd’hui, l’interview sera finalement diffusée en deux parties (+ demain soir). Une énorme mise en scène donc, avec des effets d’annonce venue de la part de toutes les parties concernées depuis une bonne dizaine de jours. Show time.
Ce que l’on risque d’entendre
Le risque de cette interview est bien entendu qu’il en ressorte quelque chose de très fade, très répété, ou l’ex cycliste reviendrait rapidement sur ses accusations de dopage, disant regretter, voire versant quelques larmes pour se donner une image humaine sans jamais aller au fond des choses. Ne nous le cachons pas, c’est ce qui risque d’arriver. Car Armstrong joue son avenir sur cette interview. Financier d’abord, puisque ses anciens sponsors lui réclament aujourd’hui de l’argent, estimant avoir été trompés. N’oublions pas non plus qu’il a déjà perdu ses titres sportifs et une partie de son honneur en étant éjecté de la présidence de sa propre association de lutte contre le cancer, le combat de sa vie.
L’interview est donc attendue de son côté comme une gigantesque opération de communication visant à le réhabiliter aux yeux d’une partie du grand public et des sponsors. Il est vital qu’il réussisse ce passage pour sauver le reste de son avenir d’homme public et ne pas être cloué au pilori par tout le monde entier ce qui est aujourd’hui le cas.
Ce que l’on aimerait entendre
Tout. Et d’une manière factuelle. Comment il a organisé un système de dopage généralisé à l’échelle de l’équipe, voir du peloton. Comment ce système est passé au travers des mailles du filet aussi longtemps. Comment il a réussi à mettre la pression sur ses coéquipiers pour qu’ils acceptent ce système sans se rebeller ou parler. Pourquoi la nécessité de se doper pour gagner alors que la première victoire (redevenir coureur cycliste professionnel) était déjà acquise. Sur certains points, nous pourrions obtenir des éléments de réponse. Certaines informations qui ont filtré ces derniers jours parlent de personnalités haut placées dans les institutions mondiales du cyclisme au courant de ces systèmes et les encourageant. Des accusations qui pourraient faire l’effet de gigantesques bombes pour le cyclisme…
Ce qu’Armstrong risque après une telle interview
Lance Armstrong ne risque aujourd’hui plus grand-chose de plus. Tout simplement parce qu’il est au plus bas. Cette interview, c’est un peu celle de la dernière chance. La plus grave accusation supplémentaire dont il aurait pu être accablé suite à la diffusion ce soir aurait pu être le parjure mais j’ai lu (c’est à confirmer, si un spécialiste du droit américain lit cet article !) que le délai de prescription pour cette faute est dépassé en ce qui le concerne. Avec des avocats pour le conseiller, une interview complètement préparée, orchestrée, Armstrong, qui a déjà été déchu des titres les plus importants de sa carrière ne devrait pas être inquiété outre mesure par des révélations que l’on n’imagine pas complètes. 4 jours de montages auraient été nécessaires pour mettre d’accord les avocats de toutes les parties concernées par la diffusion : assez pour se protéger.
Les enjeux autres liés à ce déballage
Si Armstrong se décidait à en dire plus qu’on peut aujourd’hui le penser, cela pourrait être un tremblement de terre incroyable pour le monde du cyclisme. Imaginez, l’un de ses plus grands champions, même si tout le monde le soupçonnait, se met à table. Son influence et sa main mise sur le milieu à l’époque était telle qu’il doit avoir lui aussi, de quoi faire tomber un nombre de têtes incalculable. On parle là de coureurs, de directeurs sportifs, de médecins mais aussi de dirigeants de ce sport encore en place qui pourraient avoir une part plus ou moins importante de responsabilités dans le système de tricherie généralisée. Des révélations complètes pourraient avoir un impact dont ce sport pourrait avoir du mal à se relever.
L’un des temps forts de l’année sportive 2013 ?
Si nous ne pensons pas que le vrai grand déballage aura lieu et que cette interview ressemblera plus à une grande opération de communication, ce moment devrait toutefois constituer un temps fort dans l’année sportive (ou extra sportive, selon votre point de vue). Car ne nous trompons pas. S’il y a déjà eu des révélations de champions de cyclisme ou même d’autres sports (Marion Jones…), c’est là bien l’un des plus grandes figures du sport US et mêmes mondiales qui s’avance pour confesser et parler d’une problématique qui affecte un sport en souffrance depuis des années et des années. Peut-être jamais un sportif n’a cristallisé autant d’admiration et de rancœurs à l’échelle mondiale. Alors quoiqu’il se dise ce soir et demain, ce ne sera pas anodin.
Lance Armstrong : American Hero ?
Alors autant le dire tout de suite, je ne vais pas me faire que des petits copains en donnant du corps à une idée venue à Joan Garry dans un article un peu provocateur publié sur le Huffington Post cette semaine. Cette idée la voici : Lance Armstrong est un héros. Parce que je crois nécessaire de rappeler que Lance Armstrong n’est pas uniquement le monstre de dopage qu’on nous dépeint à longueurs d’articles depuis quelques semaines (depuis bien plus longtemps en France encore) et l’annonce de la procédure lancée par l’Agence de lutte contre le dopage américaine. Un statut de monstre qui lui a d’ores et déjà fait officiellement perdre ses 7 titres de vainqueur du Tour de France.
Après que l’Usada ait rendu son rapport dénonçant « le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport« , Lance Armstrong a annoncé qu’il quittait la tête de son association caritative dédiée à la lutte contre le cancer, Livestrong. « Aujourd’hui, pour épargner à la fondation les effets négatifs liés à la controverse entourant ma carrière de cycliste, je mets fin à mes fonctions de président« , a t-il simplement indiqué dans un communiqué à deux jours du 15ème anniversaire de la fondation.
Il ne s’agit bien entendu pas ici de défendre les pratiques de dopage utilisées par le cycliste texan pendant une partie de sa carrière. Il ne s’agit pas non plus de les justifier, ni même de les minimiser. Cependant si Lance Armstrong a triché sur les routes, nous ne pouvons pas occulter son action citoyenne absolument exemplaire. Au delà du sportif mis à terre, c’est un symbole pour des millions de gens luttant contre cette maladie qui explose aujourd’hui sous nos yeux. Un héros donc, qui « a discuté avec des milliers de gens qui ont vaincu leur cancer ces dernières années et personne ne lui retirera les médailles d’espoir qu’il a déposées autour du cou de chacune de ces personnes« , comme le dit de manière assez imagée mais aussi assez juste Joan Garry.
L’action d’Armstrong et de sa fondation est pour rappel exceptionnellement marquante. Avec comme symbole le bracelet jaune, lancé en 2007 avec Nike, initialement programmé pour collecter 25 millions de dollars pour la lutte contre le cancer. 6 mois plus tard, l’objectif était atteint et de nombreuses personnalités exportaient l’action de l’association et la cause dans le monde. En récoltant plus de 30 millions de dollars par an en moyenne, Livestrong s’impose comme une ONG solide dont l’action ne doit pas souffrir des déboires personnels et sportifs de son fondateur.
La vie de personnage public d’Armstrong impacte forcément sur ses activités professionnelles et extra-professionnelles. S’il parait logique que Nike se désengage de son partenariat sportif avec l’Américain de manière personnelle, doit-elle condamner le président d’association aussi fermement qu’elle l’a fait en lui demandant de quitter la présidence de l’entité qu’il a créé ? Rappelons nous que pendant des années la marque a profité de son image pour redorer la sienne (cf. ci-dessus) ?
Pour moi ces deux parties de la vie du Texan doivent absolument être séparées. Son histoire est basée sur 2 histoires fortes. Il a survécu à un cancer, en a fait l’un des combats de sa vie sur le long terme et il est revenu au sport de haut niveau. Il avait gagné 7 Tours de France. Il a clairement triché pour arriver à compléter l’une de ses deux histoires. Nous devons faire attention à ne pas lui retirer toute légitimité pour exercer la seconde. Qu’il a jusqu’à présent mené de manière plus qu’exemplaire.
Pari perdant
C’est un sacré tremblement de terre qui a secoué le handball français la semaine passée (et achevé au passage, la légitimité de Patrick Montel). Plusieurs cadors de la discipline, jouant dans le meilleur club français de ces dernières années, Montpellier, se sont retrouvés embarqués par la police à la sortie des vestiaires du choc du championnat dimanche dernier. Une image que l’on qualifiera de choc. Et c’est un euphémisme.
Interpellés donc parce qu’en fin d’année dernière, ces joueurs se sont livrés soit eux-mêmes, soit via leurs compagnes (faits déjà avérés pour certains d’entre-eux, Nikola Karabatic clame toujours son innocence), à des paris sur la défaite de leur propre club. On vous propose un petit retour et notre avis sur les enjeux de cette affaire qui pourrait bien faire un mal fou à un sport dont la notoriété semblait enfin vraiment émerger après les séries de résultats absolument exceptionnels enregistrés au cours des 20 dernières années par les équipes de France notamment masculines de la discipline.
Une fraude stupide ?
Histoire de rappeler les faits à ceux qui n’auraient pas encore pris connaissance des accusations faites aux joueurs, petit rappel. Pour la faire courte, des joueurs auraient parié eux-mêmes ou via des proches sur la défaite de leur propre équipe à la mi-temps ou à la fin de la rencontre d’une rencontre de championnat de France sur laquelle ils étaient favoris. Ce sont des cadres du vestiaire, laissés au repos ce jour-là qui sont accusés. Ces derniers auraient parié dans des bureaux de tabac de Montpellier même. La Française des Jeux s’est alertée de l’affaire en constatant des mises totalement inhabituelles pour ce type de rencontre. Si les paris ont été prouvés, une question majeure reste en suspens : les joueurs ont-ils « simplement » parié sur la défaite de leur équipe (fait déjà interdit, un sportif de haut niveau ne peut pas parier sur un match sur lequel il est impliqué) ou ont-ils carrément influé sur une partie de leurs coéquipiers pour remporter ce pari ? Les faits seraient alors d’une gravité toute autre d’un point de vue juridique notamment.
Dans les deux cas, la question que tout le monde se pose est comment est-il possible de commettre une faute aussi stupide ? Comment penser que miser ces types de montants sur un résultat de ce genre ne donnerait pas lieu à des contrôles ? Pourquoi envoyer un proche, voir se rendre soi-même sur le lieu du pari, pour être à coup sûr démasqué ? On ne peut pas dire que si les faits étaient avérés, les handballeurs aient fait preuve d’une finesse à toute épreuve.
Le handball en danger ?
Le problème de cette affaire n’est pas vraiment qu’elle nuise à Nikola Karabatic, une personnalité, LA personnalité la plus reconnue (et la plus aimée ?) du handball en France, ainsi qu’à ses compagnons de pari. Le risque n’est même pas non plus de voir le niveau de l’équipe de France baisser (les championnats du monde débuteront en janvier sans 2 des joueurs incriminés dans l’affaire). Ce genre de questionnements que j’ai pu lire sur la toile ou entendre depuis une semaine sont totalement hors de propos. Le vrai problème de cette affaire est qu’elle risque de nuire au handball, sport à la popularité finalement naissante malgré les grands succès rencontrés par les joueurs ces dernières années.
Le plus grand des risques ? Celui de se « footbaliser ». L’opinion pourrait en effet rapidement basculer dans une même rengaine : amalgamer le comportement de certains à l’ensemble des pratiquants du sport. D’autant que c’est donc sa figure de proue, nommée meilleur joueur du monde en 2007, consultant pour une grande radio nationale qui est le plus embrigadé dans cette histoire.
Selon une enquête réalisée début 2012 par l’agence SportLab, l’équipe de France de handball était la seconde plus populaire derrière le rugby. La médiatisation du sport en France était en hausse ces derniers mois, avec notamment l’arrivée d’un second club de très haut niveau (rachat du club parisien par les investisseurs venus du Qatar : création du PSG Handball). Le retour de plusieurs internationaux sur le sol français sonnaient le point d’orgue de cette hausse d’intérêt pour le sport (une dizaine des quinze champions olympiques jouent cette saison dans le championnat de France). C’était donc l’année ou jamais pour engendrer une rentrée de nouveaux licenciés et de droits en tous genres.
Quelles conclusions ?
Trois conclusions principales s’imposent pour moi dans le traitement que nous devons faire de cette affaire. Elles sont certes basiques, un peu moralisatrices mais ce que je lis et entend depuis quelques jours me donnent l’impression que certains fondamentaux ne sont pas respectés. Et par la presse et par la plupart des gens suivant de près ou de loin ce dossier.
- D’abord, la première chose à éviter serait de taper salement sur les nouveaux méchants du hand sans prendre de recul par rapport à cette affaire. Elle concerne quelques joueurs intégrés au « star » système restreint de ce sport, qui est encore semi-professionnel. Il serait dommage que le handball subisse violemment l’impact de cette affaire provoquée par les agissements de quelques joueurs. Les réflexions du type « et voilà, tous les sportifs professionnels sont pareils » n’ont pas lieu d’être.
- Ces joueurs justement, ne sont pas encore déclarés coupables par la justice. Le principe de la présomption d’innocence est allègrement bafoué par une bonne partie des suiveurs de l’affaire depuis son début. Son traitement par la police (arrestation à la sortie des vestiaires d’un match médiatisé) est également extrêmement limite. La question de l’influence de ces joueurs sur le résultat de l’équipe ou du simple pari immoral n’est pas déterminée. Tant qu’elle ne le sera pas, nous ne pouvons pas juger les faits qui peuvent aller d’une bêtise à un fait d’escroquerie.
- Quel que soit le résultat de l’enquête, nous ne devons tout de même pas montrer d’indulgence avec le comportement des joueurs incriminés, immoral et malhonnête. Même dans le cas d’un « simple » pari contre leur équipe, il ne faudra perdre de vue que ce genre de faute est grave, va à l’encontre de tous les fondements de l’éthique, pas seulement sportive. Pour les joueurs qui auront été condamnés, il n’est pas question de montrer de l’indulgence ou de crier stop à l’acharnement médiatique sous prétexte de la bonne image dont ces individus bénéficiaient.
On attend vos avis sur cette affaire en commentaires de l’article !
Le Lyon est mort
« Parfois, le Père Noël est une ordure. Cela n’a pas été le cas pour ce tirage ! ».
Mi décembre 2011, au jour du tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions, Jean-Michel Aulas affichait un sourire satisfait. Il y avait à priori de quoi. Le président de l’Olympique Lyonnais avait eu de la chance au tirage. Le super jackpot qui était sensé ouvrir en grand les portes des quarts de finale de la plus prestigieuse des compétitions de club. L’OL avait tiré Nicosie. Club chypriote arrivé là un peu par hasard, sorti premier d’un groupe comptant le Zénith Saint-Pétersbourg, le Chakhtior Donetsk et le FC Porto on ne sait trop comment et qui se présentait sur la pointe des pieds avant cet aller retour.
De l’excès de confiance…
Au sortir de la salle de conférence dans laquelle s’est déroulé le tirage au sort, les Lyonnais mais surtout les médias ont clairement joué le match à l’avance. L’OL et son expérience des grands rendez-vous européens était d’ores et déjà qualifié. Ederson, milieu de terrain lyonnais soulignait même l’exotisme de ce tirage, l’envisageant déjà plus ou moins comme un déplacement placé sous le signe des tongs et de la serviette de plage : « Je suis allé sur Google pour voir où Nicosie se trouve. On va avoir l’occasion de connaître. C’est bien de découvrir une nouvelle destination. »
… à la perte de confiance
Malheureusement la machine s’est enrayée entre fin décembre et février. Les gones, mis à part un sursaut d’orgueil face au Paris Saint-Germain mi février sont à la peine en Ligue 1. Et pas qu’un peu. Défaits régulièrement lors de leurs déplacements, les pensionnaires du stade de Gerland ont abordé ce rendez-vous capital avec un indicateur de confiance au plus bas. Cela n’a pas pardonné. Après un premier match poussif au cours duquel ils n’ont pas fait suffisamment la différence pour se mettre à l’abri (victoire 1 but à 0 à l’aller), ils ont livré une prestation indigeste hier soir. Et se sont fait éliminer. Un drame pour le statut européen de l’OL.
Voyage au bout de l’enfer
Hier soir, à la neuvième minute du match retour, dans le bouillant GSP Stadium à Nicosie, les joueurs de Rémy Garde ont sombré suite à l’ouverture du score chypriote. Techniquement, tactiquement, les Lyonnais n’ont pas su répondre à une opposition qui était pourtant loin de représenter le top niveau européen. Le match entier se déroulait sur un rythme et un niveau technique indigne de la compétition et la prolongation puis les tirs aux buts rendaient leur verdict. L’OL était éliminé. Une honte pour un club dont les ambitions étaient de remporter cette compétition il y a encore quelques saisons et qui était tout de même en demi-finale de cette Coupe en 2009 / 2010.
Le changement c’est maintenant…
Le statut de club qui compte dans le football européen en a pris un sérieux coup hier soir. Car si l’OL a plutôt tendance a décliner depuis quelques saisons et après quasiment une décennie au pouvoir, il maintenait toujours un certain niveau en Ligue des champions, une culture de la gagne qui faisait de ce club une entité à part dans le football français, une valeur sûre sur laquelle il pouvait se reposer. Ne pas vaincre Nicosie hier soir est éminemment symbolique. Au moment ou Lyon galère en championnat et voit sa puissance financière contrée par l’arrivée des Qatariens au PSG, le club n’avait vraiment pas besoin de cette énorme désillusion.
La fin de cycle semble de plus en plus proche et les conséquences pour le septuple champion de France du début des années 2000 pourraient bien être beaucoup plus graves que la simple honte passagère de s’être fait taper par une équipe au budget dix fois inférieur au sien. La fin de saison va être compliquée pour les joueurs et le staff technique pourrait bien en cas de non qualification pour la Ligue des champions faire rentrer l’OL dans une nouvelle ère : celle de l’anonymat.
Electric Ballroom
Aujourd’hui, un billet un peu particulier. Un peu coup de gueule aussi. Voir carrément. Ce dont on va parler aujourd’hui tourne depuis quelques semaines dans les revues de presse, blogs et autres zappings. Un jeu d’une connerie sans nom, dont je trouve que le traitement qu’on lui réserve est en deçà de ce qu’il devrait être : une condamnation sans aucune réserve.
Ce « sport », dont je me suis longtemps demandé si ce n’était pas un fake, c’est l’ « Ultimate tazer ball » un jeu dans lequel deux équipes doivent marquer des buts avec un gros ballon, sorte de mix entre le football et le handball. A un détail près. Mais pas n’importe lequel.
Comme le laisse entendre l’intitulé du jeu, l’Ultimate Tazer Ball comprend dans ses règles l’utilisation de tazers. Oui, du même genre que l’arme de catégorie 4 utilisée par les forces de l’ordre pour anesthésier les velléités de certains malfaiteurs. Pour s’empêcher de marquer, les joueurs ont le droit d’envoyer des décharges de 300 000 volts à leurs adversaires. Bien assez pour récupérer la balle. Et vous laisser KO par la même occasion. On vous laisse juger de vous même de l’intérêt de ce sport avec la vidéo de démonstration ci-dessous.
Le problème n’est pas vraiment de blâmer les gens qui pratiquent ce sport. Après tout, la connerie est accessible à tous. Libre à vous de faire ce que vous voulez de votre corps. En revanche, son traitement médiatique me laisse un peu perplexe. Car s’il est considéré souvent comme quelque chose de bête, il est présenté comme le sport des hommes, des vrais avec une sorte de bienveillance qui me laisse dubitatif. Ainsi on voit des réactions du genre : « un peu cons cons les mecs mais courageux hein ! ». Bref un mélange de critique mêlée à une espèce d’admiration malsaine pour un sport qui représente les « vrais hommes ».
Car qu’est ce qui est moins sportif que d’agresser son adversaire alors qu’il n’est pas préparé et impuissant, en plus avec autre chose que sa propre force physique. De maltraiter les corps sans aucune forme de respect. Dans la boxe, où le but final est la destruction physique de l’adversaire, les coups sont encadrés, des règles sont fixées, un respect mutuel exigé.
Dans le cas de l’Ultimate Tazer Ball, bien entendu, rien de tout cela n’est pris en compte. Alors plutôt qu’une espèce de condescendance ambiguë, une seule attitude devrait être adoptée pour prévenir des éléments influençables qui pourraient être tentés de se lancer dans cette pratique : dénoncer cette connerie et la condamner. Fermement.
A ceux qui ne seraient pas encore vraiment convaincu, voici le site officiel de la ligue. Pour les amateurs, la prochaine compétition aura lieu à Bangkok, début mars… Pour ceux qui auraient des informations supplémentaires ou qui pourraient démentir l’affirmation qui voudrait que ce sport soit vraiment en train d’éclore, nous vous encourageons à nous les communiquer. Rien ne nous ferait plus plaisir que de nous être trompés sur la contenance de ce billet…
Liberté, Egalité, Superiorité ?
Il y a eu Le Monde. Il y a eu Yannick Noah. Et puis il y a eu le sketch des Guignols de l’info. Trois affaires qui additionnées ont provoqué un ras le bol général et exarcerbé un sentiment anti français dans le monde du sport espagnol. Parce que nous ne sommes pas si loin d’un véritable incident diplomatique qui passe un peu inaperçu en dehors du monde du sport, LaTeam se propose de vous décrypter l’affaire qui agite les passions dans la péninsule ibérique et qui a amené Alain Afflelou a suspendre ses publicités sur Canal + tout en publiant une tribune dans Marca. Loco.
Les « affaires »
Acte 1 – Le Monde vs Foot Espagnol. En 2007, le plus grand quotidien du soir se procure les supposés plans de préparation des équipes de football de Barcelone et du Real Madrid. Signés de la main du docteur Fuentes, impliqué dans la plus grosse affaire de dopage de l’époque (implication d’un nombre important de coureurs cycliste dont plusieurs très grands noms : Beloki, Basso, Contador, Heras, Ullrich ou le défunt Pantani), ces documents sont sensés indiquer des pratiques pas très catholiques de la part des deux équipes de football. Le Monde sera trainé en procès et condamné.
Acte 2 – Yannick Noah. En novembre 2011, Noah balance un pavé dans la mare. Et pas qu’à moitié. Depuis désormais plusieurs années, l’Espagne domine un certain nombre des plus grands sports. Football, Tennis, Formule 1, Basket : c’est trop pour la personnalité préférée des français (cette valeur symbolique a son importance) qui balance que cette domination serait quand même du à une « potion magique » que les sportifs espagnols utiliseraient allégrement. Boum.
Acte 3 – Les guignols chargent Nadal et les « rois de l’EPO ». En ce mois de janvier, les Guignols en remettent une couche. Et comme Noah, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère, représentant Nadal remplissant sa voiture avec son urine. Urine qui se révèle être le meilleur des carburants puisque la voiture prend ensuite plus l’allure d’une fusée qu’un moyen de locomotion citadin…
Après un tollé général en Espagne, les rédacteurs « s’excusent » par un autre skecth qui met en scène bon nombre des grandes figures du sport ibère :
Suite à cette nouvelle provocation, les esprits se sont définitivement échauffés en Espagne. Au point par exemple que les joueurs de Séville ont revêtu lundi soir pendant une rencontre officielle un maillot se moquant de la devise française : « Liberté Egalité Superioridad »…
Pourquoi un tel impact ?
1. Le sportif n’est pas considéré de la même manière en Espagne qu’en France. La valeur physique d’un individu n’est pas dénigrée comme elle l’est souvent dans notre cher hexagone. Il est beaucoup plus choquant pour un Espagnol que pour un Gaulois de se moquer du QI d’un footballeur et la forme d’acharnement des Guignols est victime d’un vrai décalage culturel.
2. En pleine crise économique, le sport espagnol est l’une des choses du pays qui se porte le mieux, si ce n’est pas le plus grand motif de satisfaction pour l’Ibère moyen à l’heure actuelle. Considéré comme ni plus ni moins qu’une lueur au milieu de la pénombre que sont les temps actuels, il est difficile de la toucher car elle revêt forcément un caractère symbolique très fort.
3. L’arrogance française perçue par les pays qui nous entourent. Les Français ont toujours l’image à l’étranger d’un peuple sûr de lui, parfois arrogant. Le fait de chercher des excuses aux sportifs français, de ne pas accepter une supériorité et d’invoquer la tricherie pour expliquer ces défaites est une représentation inacceptable de cette mentalité pour les Espagnols.
De ce dernier point de vue, on aurait du mal à leur donner tort. Le véritable problème est que les Espagnols ne voient pas comment les Guignols traitent ou ont traité Fabien Barthez, Richard Virenque, André-Pierre Gignac ou le cas Jeannie Longo. L’accumulation, le fait de sentir une jalousie il faut dire assez mal placée (Noah) ont conduit à une réaction épidermique qu’il est difficile de reprocher aux Espagnols. D’autant qu’on a connu les Guignols plus inspirés.
Une dernière nuance est toutefois à apporter car il est clair que l’Espagne est moins engagée dans la lutte antidopage que ne l’est la France, ses règlements en la matière étant largement plus laxistes que celui fixé par l’AMA (Agence Mondiale Antidopage). Le Ministre des Sports Espagnols a d’ailleurs fait une sortie en ce début de semaine, reconnaissant un « problème » et promettant de tout faire pour harmoniser le droit espagnol au droit mondial.
Fin de la gratuité – vers un football moins populaire ?
La nouvelle est tombée vendredi dernier en fin d’après-midi. Canal + a remporté les droits du premier lot de la Ligue des champions. La chaîne l’a annoncé sur son compte Twitter officiel par un message sans équivoque :
« Dernière minute : CANAL+ remporte les droits de diffusion du premier choix de la #LiguedesChampions ! »
Cette annonce, cumulée à celle de la future antenne française d’Al Jazeera (qui a annoncé le gain du reste des lots, soit l’offre proposée à Canal + à ses abonnés depuis des années), rend officielle la fin de la diffusion gratuite de la plus belle des compétitions annuelles de football.
La fin du football gratuit ?
Un fan de football français devra désormais s’acquitter d’une bonne cinquantaine d’euros pour voir les deux compétitions les plus passionnantes de l’année (comprenez la Ligue 1 et l’ensemble de la Ligue des champions). Une somme exorbitante dont peu de ménages français pourront s’acquitter. Il faudra donc choisir pour les footeux qui ne se laisseront pas tenter par le choix de la facilité et de la gratuité illégale : le streaming. Cette première analyse de la situation amène d’ailleurs une première question : il y a t-il la place pour l’entrée sur le marché d’une nouvelle chaîne à forte tendance sportive à péage ?
Un désamour du grand public pour le football ?
Question posée numéro 2 : si TF1 considère que les prix du football sont trop élevés pour sa rentabilité en termes d’audiences et de prestige (la première chaîne française a aligné cette saison les résultats médiocres sur la Ligue des champions), pourquoi France Télévisions (Coupe de France, Coupe de la Ligue) ne suivrait pas ce chemin ? A court terme, il n’est pas inenvisageable que plus aucune des compétitions majeures ne soit diffusée en clair.
Quel avenir médiatique pour le football (français) ?
Ces annonces posent selon moi vraiment la question de l’avenir médiatique du football français à long terme. Car si TF1 ne s’aligne plus sur les positions de ses concurrentes pour la Ligue des champions, qu’en sera t-il des matches de l’équipe de France qui eux non plus ne répondent pas toujours aux attentes du groupe en termes d’audiences ?
La France est l’un des tout derniers pays dont les droits télévisuels de l’Euro 2012 n’ont pas encore été attribués… faute d’offre suffisante pour l’UEFA. Et ce malgré une offre conjointe de M6 et de TF1. Un signe avant-coureur ?
Peu de risques à court terme
Le risque de voir le football rapidement disparaître de vos téléviseurs est bien entendu minime. Les instances du foot européen et mondial privilégient pour le moment une diffusion en clair des rencontres de ce niveau pour assurer un prestige à la compétition et les matches considérés comme des événements majeurs sont « protégés » par la loi. C’est le cas de la finale de la Ligue des champions et des matches de l’équipe de France de football lors des phases finales des grandes compétitions. Ces rencontres doivent être accessibles au grand public gratuitement et il n’y a absolument aucune raison pour que ces règles évoluent dans les années à venir.
Cette donnée ne doit tout de même pas occulter le fait que la perte par TF1 de ces droits va bouleverser le paysage audiovisuel sportif français. En effet, ces rencontres de Ligue des champions font globalement partie du top 100 des meilleures audiences annuelles françaises (13 soirées dans l’année) et le fait de les voir partir vers des canaux payants représente vraiment une « anti-démocratisation » du football alors que l’écart entre les acteurs de ce sport et le grand public ne semble cesser de croître.
Cette systématisation du paiement pour l’accès au foot ne fera rien pour arranger une tendance qui prend encore plus d’ampleur en France qu’à l’étranger : le football s’éloigne de certaines de ses valeurs basiques et se montre de moins en moins universel et populaire. Et c’est en cela que l’annonce qui a fait l’objet de cet article est bien la plus inquiétante.
A mort l’arbitre !
Non, ce billet n’est malheureusement pas un hommage à l’excellent film de Jean-Pierre Mocky. Dimanche dernier, entre 10 heures et midi environ, les supporters de L’Equipe de France de rugby ont crié au scandale et ont pour certains usé de cette formule lors de la finale de Coupe du Monde qui opposait la France et la Nouvelle-Zélande usant presque de cette formule à un moment ou malheureusement (l’actualité en France a un peu fait oublier cette nouvelle tragique), Marco Simoncelli laissait vraiment sa vie sur un circuit de Moto GP.
Alors que l’on met souvent (à raison) l’état d’esprit et les valeurs qui animent ce sport en avant, toutes ces bonnes intentions ont été complètement jetées aux oubliettes en quelques minutes sous le poids de l’enjeu inhérent à une finale de Coupe du Monde, à la pression des caméras des télévisions du monde entier qui font du rugby le sport professionnel qu’il est depuis 1995.
Car les propos qui ont « animé » toute la rencontre dimanche dernier étaient d’une violence terrible. Absolument toutes les fautes ont été jetées sur le dos de l’arbitre sans aucune capacité de jugement. Certes, la France a livré un grand match, peut-être méritait-elle même de la gagner cette finale. Mais oublier à ce point tout ce qui fait que ce sport rencontre un succès a été un phénomène étonnant. Ce n’était certes pas pire que dans d’autres sports mais justement, s’il y a bien un sport qui revendique (à juste titre) un autre état d’esprit, c’est bien celui-ci et le « ailleurs, c’est pire » n’est jamais une excuse.
Alors est-ce le signe annonciateur d’une déperdition de ces valeurs de respect qui contribuent faire de l’ovalie ce sport tant apprécié des français malgré un relatif petit nombre de licenciés (le rugby n’est « que » la 7 ou 8ème fédération française) ? On va tenter de rapidement répondre à cette question et au pourquoi de cette manifestation soudaine de vulgarités et de manquements aux valeurs de cette discipline.
Une vendetta lancée par TF1
TF1 y est pour beaucoup selon moi dans cette vindicte anti-arbitre. Les commentateurs présents dans le stade ont passé leur match à commenter les manquements de Monsieur Joubert ou les escroqueries du capitaine Black Richie Mc Caw (qui au passage a construit ses 10 ans de carrière avec sa capacité à flirter avec les limites arbitrales). Ces propos ce sont répandus à une vitesse incroyable sur les réseaux sociaux avec une amplification et une violence vraiment inhabituelle. Ces commentaires ont trouvé d’autant plus de résonance que les règles du rugby sont difficiles à comprendre pour un non-initié. On peut donc penser qu’une partie des téléspectateurs a été influencée par les commentaires partisans de TF1.
Un changement de mentalité lié à une popularité grandissante ?
TF1 a signé une audience record pour du rugby dimanche. 16 millions de téléspectateurs, c’est énorme, digne de matches de Coupe du Monde de football (entre 15 et 22 millions de téléspectateurs selon le moment du tournoi et les performances de l’équipe). Cette performance est due au fait d’avoir réussi à attirer des nouveaux supporters. Des non-rugbymen ou du bon sportif de base si vous préférez. Alors le rugby serait-il simplement victime de son succès ? Car sans tomber dans des clichés si le rugby bénéficie d’une bonne image auprès de la masse, il n’est pas incroyablement populaire dans la pratique. Cette popularité grande échelle entraîne forcément quelques désagréments dont la franchouillardise et la mauvaise foi font partie…
Les sifflets des Blacks sur les coups de pieds
Les commentateurs l’ont suffisamment relevé. Les supporters des Blacks ont sifflé chacune des tentatives au pied des ouvreurs français. Une hérésie selon eux car en Europe, le respect du buteur est une tradition. Mais la popularité de ce sport dans l’hémisphère sud est-elle telle que ces délibérations n’ont pas leur place ? Personnellement, je n’ai jamais vu que dans certains matches du six nations en Irlande par exemple un vrai silence. Pour avoir commenté certains matches de top 14, le silence n’est pas forcément de mise sur tous les terrains de rugby les week-ends. L’arrivée d’un nouveau public ne remettrait-elle encore une fois pas en cause ce genre de traditions ? Et est-ce vraiment quelque chose d’acquis sur tous les terrains ?
Des acteurs irréprochables
Il y a encore de l’espoir pour sauver (au moins dans un futur proche) le soldat rugby. Car si le public a été à mon sens vous l’avez compris, assez odieux, on doit absolument saluer la grande majorité des acteurs du monde du rugby qui ne se sont quant à eux jamais réfugiés derrière l’arbitrage et qui, encore mieux, ne l’ont jamais critiqué.
Dès la fin du match, Marc Liévremont (qui a sur ce coup prouvé sa différence avec Raymond Domenech) et ses joueurs n’ont pas voulu parler des faits de jeu relatifs à ce thème. Thierry Dusautoir, capitaine exemplaire des Bleus et élu meilleur joueur du monde à la suite du tournoi déclarait d’ailleurs cette semaine « qu’il n’y avait pas de meilleur arbitre pour diriger cette finale ». Une attitude remarquable, comme l’était celle du consultant rugby en plateau sur TF1 qui renvoyait Denis Brogniart dans les cordes à chaque fois qu’il essayait de le lancer sur le sujet de l’arbitrage. Si le rugby doit se sauver de ce type de travers, ce sera donc grâce à ses acteurs.
Quel avenir pour ces valeurs ?
Combien de temps ces acteurs réussiront-ils donc à véhiculer ces valeurs et cette image ? Seul l’avenir le dira mais vous l’avez compris, je suis pessimiste pour le rugby car le gain de popularité de ce sport s’accompagnera de nouveaux suiveurs. Ces nouveaux suiveurs entraîneront obligatoirement de nouveaux codes pour le sport. Il n’est même pas question de les juger. Car en tant que footeux, je suis mal placé pour évoquer un certain chauvinisme et une propension à la mauvaise foi mais le rugby pourrait bien perdre quelques unes des valeurs morales qui contribuent à le rendre si sympathique.
Au delà des supporters, il faudra que les nouveaux acteurs (joueurs, entraîneurs) continuent également de perpétrer ces valeurs. Ce n’est pas faire injure au foot que de dire cela. Mais c’est un euphémisme de dire qu’il y a une différence dans l’élocution, dans le phrasé des joueurs des deux sports lors des interviews livrées à la presse. L’enjeu sera pour le rugby de formater dans un sens positif les « Franck Ribéry » qui vont dans les années à venir jouer au rugby. Car pour le moment, ils n’y jouent pas.
Drame en Seine Saint-Denis ?
Non, ceci n’est pas le titre racoleur d’un canard qui tenterait de faire ses choux gras grâce à un fait divers survenu dans le 9/3. Ceci est la préoccupation du moment de tout amateur de foot français qui se respecte. Demain soir et mardi prochain, les Bleus de Laurent Blanc vont disputer au Stade de France deux matches qui vont décider de sa qualification ou non pour l’Euro 2012 dans une configuration qui a des airs de remake de l’un des pires cauchemars du sport français, une réédition du best seller France – Bulgarie 1993, un drame encore présent dans les consciences des footeux…
Rappel des faits. Nous sommes en novembre 1993, la France a sa qualification pour la Coupe du Monde 1994 à portée de main. Les données sont simples, il lui faut glaner un point en 2 matches à domicile face à deux équipes supposées plus faibles pour se qualifier (Israël et Bulgarie). A priori, rien de plus simple.
Première occasion face à l’Israël et premier fail. Alors que les Bleus de l’époque mènent 2-1 à 10 minutes de la fin de la rencontre face à une équipe qui n’a pas gagné un match des éliminatoires et qu’elle a écrasé quelques mois plus tôt 4-0, les joueurs de Gérard Houiller s’effondrent dans les dernières minutes et paument le match (2-3).
Deuxième chance face à la fameuse Bulgarie et tout semble partir sur de bons rails. 32ème minute, Papin offre un avantage qui devrait s’avérer décisif à la France. Que nenni, les Bulgares égalisent dans la foulée. La suite, tout le monde la connaît, un centre malvenu de Ginola, une remontée de balle éclair et un fusillage en règle de Lama par Kostadinov. Tchao le mondial 1994 chez les Ricains.
Cette désillusion sonne la pendaison sur la place publique de Gérard Houiller, sélectionneur qui déchargera lui même toute la faute sur Ginola (qui restera comme la figure de l’échec des Bleus) dans une conférence de presse mémorable. Ginola, joueur coupable de ne pas avoir gardé le ballon sur le centre qui amena le contre bulgare qui verra sa côté de popularité complètement chuter. Quelques mois plus tard, Aimé Jacquet débarque et Zidane s’installe en équipe de France. 5 ans plus tard, les Bleus seront champions du Monde.
Les similitudes avec la situation actuelle des joueurs de Laurent Blanc sont troublantes. Deux matches à domicile, face à des adversaires supposés inférieurs, la faveur des pronostiques et l’obligation d’un seul vrai résultat (une victoire contre la Bosnie qualifie la France quoiqu’il advienne dans tous les autres matches) sont autant de facteurs qui au lieu de rassurer les tricolores, alourdissent la pression qui pèse sur leurs épaules.
La liste des blessés français s’allonge de jour en jour et le moral des troupes baisse proportionnellement. Le doute, voilà ce que les Bleus de Laurent Blanc devront éviter demain et mardi s’ils veulent assurer la qualification. Car un échec serait vraiment vécu comme un drame par les suiveurs de l’équipe de France de football, après des périodes de vache maigre et un supposé renouveau de l’esprit du groupe France. Enfin une tare que Domenech n’aurait pas à supporter, lui qui a finalement toujours qualifié ses équipes pour les grandes compétitions…
Le pronostique
Certains membres de LaTeam seront présents lors des deux matches. Les défaites sont donc interdites ! On pronostique une victoire face à l’Albanie et un nul décroché sur une tête rageuse de Djibril Cissé pour conjurer le sort (le joueur a toujours été particulièrement malheureux / malchanceux en bleu) et nous qualifier.
The Blade Runner
Chaque jeudi, un peu avant les rendez-vous sportifs de la fin de semaine, on vous présente l’évènement / la personnalité sportive à suivre pendant votre week-end pour être à la page ainsi que notre pronostique sur l’évènement en question. On vous laissera le soin d’attribuer (ou pas) les bons points. Aujourd’hui, Oscar Pistorius, premier athlète handisport à avoir participé aux Championnats du Monde d’Athlétisme.
Une histoire extraordinaire
Amputé à l’âge de 9 mois des deux pieds car né sans péroné, Oscar Pistorius ne s’est pas laissé abattre. Il débute même l’athlétisme et la compétition, grâce à un miracle rendu possible par le biais de deux prothèses en carbone. Après avoir fait ses gammes dans les compétitions handisports, il participe pour la première fois à une compétition valide en 2005, se classant 6ème aux championnats d’Afrique du Sud. Sa progression est linéaire et il obtiendra deux ans plus tard la seconde place de cette même compétition, signant ainsi son entrée dans la liste des potentiels représentants de son pays dans les grands championnats.
2007 reste l’année charnière dans la carrière du Sud-africain. Il échoue dans sa conquête des minimas (le temps minimum requis à réaliser pour prendre part à une compétition) mais participe à des meetings de l’IAAF. Résulte de cette compétition un rapport demandé par les instances de l’athlétisme international à des experts médicaux : les prothèses du coureur lui offriraient un avantage sur les athlètes valides. Il ne pourra donc pas concourir dans aucune compétition organisée par l’IAAF.
Mais l’histoire de s’arrête pas là, après avoir déposé une plainte examinée par le TAS (Tribunal Arbitral du Sport), qui lui donnera raison, sa participation aux JO de Pékin sera acceptée s’il réalise les fameux minimas requis (comme n’importe quel athlète). Barrière qu’il ne passera une nouvelle fois pas. Mais l’athlète ne se décourage pas et cette année, il se qualifie et participe pour la première fois aux Mondiaux qui se déroulaient cette semaine à Daegu en Corée du Sud.
Polémique
Alors que son cas semblait fasciner tout le monde du sport il y a quelques années, le soufflet semble un peu retombé. Si bien qu’alors que sa participation aux Mondiaux est une grande première, la couverture médiatique de cet évènement n’a pas été à la hauteur de ce que l’on pouvait penser. Cette couverture ne favorise de plus pas une mise en avant de la cause handisport mais uniquement des spéculations autour de la validité de ses performances, voire engendre des railleries autour du côté robot qui lui donne ses prothèses. Ainsi si l’on interroge facilement des anciennes gloires de l’athlétisme pour recueillir leur avis, les acteurs du milieu handisport sont peu consultés, au risque de passer nettement à côté du débat et du message porté par ce sportif hors du commun, au contraire du cas Phillipe Croizon (traversée de la manche malgré amputation des 4 membres), largement évoqué dans les médias, sportifs ou pas. Des comportement des médias qui laissent à penser que si l’homme porteur d’un handicap a le droit de faire preuve de courage, il n’a pas le droit de se mesurer aux valides et ne mérite pas un traitement d’égal à égal.
Résultat
Pistorius, a été éliminé en demi-finales du 400 mètres à Daegu. A la fin de la compétition, il déclarait, comme toujours, non abattu :
«C’est un rêve qui est devenu réalité. Il y a eu énormément d’années de travail et beaucoup de soutien. Sans ça, les performances que vous avez vu ces dernières années n’auraient pas eu lieu. J’ai été très heureux de cette opportunité. J’ai appris beaucoup et je suis sûr que je vais être capable d’utiliser cette expérience pour mes prochaines courses.» (via lequipe.fr)
A noter également lors de ces championnats du monde
La disqualification d’Usain Bolt en finale du 100 mètres sur un faux départ.
La médaille de bronze qui est pourtant une déception pour Renaud Lavillenie. On attendait l’or.
La 4ème place de Christophe Lemaître sur la finale du 100 mètres. Une médaille était à sa portée après le faux départ de Bolt.
« Old Firm », vieilles rancoeurs
Alors que le sulfureux derby de Glasgow, aussi appelé « Old Firm », aura lieu dimanche dans une rencontre décisive pour l’attribution du championnat d’Ecosse, le manager du Celtic FC, Neil Lennon, vit dans la trouille d’un attentat. Il faut dire qu’on ne plaisante pas avec le football à Glasgow. En ce mois d’avril, plusieurs colis piégés ont été interceptés. Ils étaient destinés à « porter physiquement atteinte aux personnes auxquelles ils étaient destinés ». Soit Neil Lennon et plusieurs figures ou supporters emblèmatiques du club.
Les forces de police n’ont pas encore défini si ces colis étaient l’œuvre de supporters des Rangers, l’autre club de Glasgow, ou d’un groupuscule extrémiste, s’attaquant à un symbole. Car le Celtic et les Rangers sont deux entités dont la portée dépasse largement les limites du sport. Petit rappel des faits avant ce choc.
Glasgow n’a d’yeux que pour deux clubs, incroyablement populaires car historiquement liés des mouvances religieuses, qui ont déchiré et qui continuent de diviser une bonne partie du nord de la Grande-Bretagne.
D’un côté le Celtic FC, lié à l’Irlande catholique. « The Bhoys » sont soutenus bien au-delà des frontières écossaises. On estime à une petite dizaine de millions les fans des verts et blancs dans le monde, dont une partie en Amérique du nord, où règne une communauté irlandaise importante. L’affluence du Celtic fait d’ailleurs en moyenne partie des dix plus grosses affluences européennes.
De l’autre, les Rangers, qui représentent historiquement la mouvance protestante et qui est par tradition fidèle à la couronne britannique. Le public des « Gers », également incroyablement fidèle et fervent, assure un taux de remplissage de l’Ibrox stadium de 95% et une ambiance réputée dans l’Europe entière.
Les relations entre supporters, ont depuis toujours pris une tournure religieuse importante, attisées par le sectarisme et le conflit nord-irlandais. Des incidents sont malheureusement à relever chaque année et les extrémités dont nous avons parlé tout à l’heure sont récurrentes et rythment le quotidien des deux parties.
Et donc notamment celui de l’entraîneur Neil Lennon (ci-dessus) depuis sa prise de fonction en Mars 2010. Réputé pour parfois mettre de l’huile sur le feu pour des déclarations mal venues, celui qui a passé 7 ans dans les rangs du Celtic comme joueur est un habitué des menaces venues de l’autre côté de la ville. Car celles reçues en ce doux mois d’avril 2011 n’étaient pas une première. En janvier par exemple, il avait notamment reçu par voie postale des balles de revolver en guise de menace… Ambiance.
Les fans du Celtic ont manifesté leur soutien à leur coach cette semaine, lors du déplacement de leur équipe à Kilmarnock en applaudissant Neil Lennon durant une minute durant (plus précisément à la 18ème : le numéro de son maillot lorsqu’il évoluait en tant que joueurs au Celtic). (via Hourrafoot)
C’est donc dans ce contexte tendu que les deux équipes s’affronteront dimanche à 13h30 à l’Ibrox Stadium. L’ambiance promet, comme toujours, d’être au rendez-vous. Les possesseurs de Ma chaîne Sport pourront suivre cette rencontre.


























