Portraits
Trouver la Clé
Arnaud Clément a remplacé Guy Forget au poste de capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis.
Sa nomination officielle : c’était le 22 juin dernier. 6 mois plus tard, « la Clé » doit s’emmerder sévère puisqu’il n’a toujours pas officié une seule fois. Son premier match, ce sera à partir de demain vendredi jusqu’à dimanche. Voire même uniquement jusqu’à samedi si tout se passe bien. Parce que bon face à l’Israël, on n’attend pas autre chose qu’une victoire expéditive des Bleus. Si le match en soit ne comporte pas un intérêt sportif énorme, l’événement est d’importance. Il pourrait imposer « la Clé » comme nouveau premier porte-parole du tennis français pendant un long moment. Petit retour sur le personnage.
Pourquoi lui ?
Une nomination « logique » si l’on se réfère aux derniers capitaines
Pour sa première, Clément est resté sur du grand classique. Les joueurs retenus pour le match à Rouen sont Tsonga, Gasquet, Benneteau, Llodra et Chardy. Des joueurs relativement en forme. Ont été écarté Simon et Monfils, tous deux pas franchement au top. Du grand classique, loin de toute prise de risque. Comme le mode de nomination du capitaine de Coupe Davis, qui valorise depuis 20 piges les joueurs pro fraîchement retraités (Forget / Noah). Biais par lequel Clément a obtenu le poste.
Une carrière de joueur plus qu’honnête
Clément a une certaine légitimité pour la fonction. Joueur plus qu’honnête en simple et en double (le double est un moment charnière lors des rencontres de Coupe Davis), « la Clé » s’est offert un 8ème de finale en simple de tous les tournois du Grand Chelem et au moins un quart de finale en double. Il était l’un des meilleurs français de sa génération (soit dit en passant relativement pauvre en talents), terminant à plusieurs reprises 2ème français de l’année derrière Pioline et Grosjean. Ses principaux faits d’armes restent une finale perdue sèchement à l’Open d’Australie en finale face à André Agassi et une victoire à Wimbledon en double.
Guerrier, il se fit également remarqué pour son abnégation, signant notamment la défaite la plus longue de l’histoire de Roland Garros face à Fabrice Santoro (6-4, 6-3, 65-7, 3-6, 16-14 en 6 h 33 et sur deux jours). Une mentalité que l’on espère, il saura transmettre à ses joueurs dans les moments difficiles.
Un joueur de Coupe Davis
Clément est en revanche l’un des joueurs emblématique de Coupe Davis de sa génération, qu’il remporta en 2001 même s’il ne participe pas à la finale. Au cours du parcours de l’équipe de France cette année là, il marque les esprits en quart de finale en remportant un match marathon de 5 h 47 contre le Suisse Marc Rosset (6-3, 3-6, 7-6, 6-7, 15-13). Son bilan est plutôt flatteur, notamment en double (8 victoires / 2 défaites) et honorable en simple (12 victoires / 9 défaites). Sa mission principale sera d’insuffler un esprit Coupe Davis pour faire de la compétition un moment essentiel dans la saison des Tsonga, Gasquet ou Monfils. Ce qui est loin d’être le cas dans toutes les sélections (Roger Federer est par exemple le centre d’une polémique en ce moment en Suisse autour de sa non participation aux premiers tours de la compétition).
Personne d’autre ?
Si Arnaud Clément est là aujourd’hui, c’est aussi parce que les candidats potentiels n’étaient pas légion. Si l’on suit la logique des dernières nominations, il est clair qu’un ancien joueur disposant d’une légitimité auprès des joueurs, du public et dont le potentiel médiatique est assez fort était demandé. Clément, qui s’acoquine avec la chanteuse Nolwenn Leroy, représentait un candidat quasiment idéal.
Seule ombre au tableau : sa réputation a parfois été écornée sur des tournois, notamment à Roland Garros où des ramasseurs de balle se sont parfois plaint de son comportement. « Débarrassé » des ramasseurs de balle, le mec aux bandanas devra se montrer convaincant sur la chaise pour espérer durer aussi longtemps que son prédécesseur (13 piges !) et ramener la première Coupe Davis à la France depuis 2001.
Le grand déballage
Ce soir l’Amérique entière attend le grand déballage. Celui de l’un de ses champions les plus emblématiques : Lance Armstrong. Ce n’est pas la première fois que vous entendez parler du cycliste texan sur ce blog. Mais c’est cette fois-ci particulièrement lourd. Le vainqueur déchu de 7 tours de France (record absolu) devrait confesser au moins une partie des pratiques dopantes qu’il s’est autorisé tout au long de sa carrière, au cours d’une interview réalisée par Oprah Winfrey. Initialement prévue uniquement aujourd’hui, l’interview sera finalement diffusée en deux parties (+ demain soir). Une énorme mise en scène donc, avec des effets d’annonce venue de la part de toutes les parties concernées depuis une bonne dizaine de jours. Show time.
Ce que l’on risque d’entendre
Le risque de cette interview est bien entendu qu’il en ressorte quelque chose de très fade, très répété, ou l’ex cycliste reviendrait rapidement sur ses accusations de dopage, disant regretter, voire versant quelques larmes pour se donner une image humaine sans jamais aller au fond des choses. Ne nous le cachons pas, c’est ce qui risque d’arriver. Car Armstrong joue son avenir sur cette interview. Financier d’abord, puisque ses anciens sponsors lui réclament aujourd’hui de l’argent, estimant avoir été trompés. N’oublions pas non plus qu’il a déjà perdu ses titres sportifs et une partie de son honneur en étant éjecté de la présidence de sa propre association de lutte contre le cancer, le combat de sa vie.
L’interview est donc attendue de son côté comme une gigantesque opération de communication visant à le réhabiliter aux yeux d’une partie du grand public et des sponsors. Il est vital qu’il réussisse ce passage pour sauver le reste de son avenir d’homme public et ne pas être cloué au pilori par tout le monde entier ce qui est aujourd’hui le cas.
Ce que l’on aimerait entendre
Tout. Et d’une manière factuelle. Comment il a organisé un système de dopage généralisé à l’échelle de l’équipe, voir du peloton. Comment ce système est passé au travers des mailles du filet aussi longtemps. Comment il a réussi à mettre la pression sur ses coéquipiers pour qu’ils acceptent ce système sans se rebeller ou parler. Pourquoi la nécessité de se doper pour gagner alors que la première victoire (redevenir coureur cycliste professionnel) était déjà acquise. Sur certains points, nous pourrions obtenir des éléments de réponse. Certaines informations qui ont filtré ces derniers jours parlent de personnalités haut placées dans les institutions mondiales du cyclisme au courant de ces systèmes et les encourageant. Des accusations qui pourraient faire l’effet de gigantesques bombes pour le cyclisme…
Ce qu’Armstrong risque après une telle interview
Lance Armstrong ne risque aujourd’hui plus grand-chose de plus. Tout simplement parce qu’il est au plus bas. Cette interview, c’est un peu celle de la dernière chance. La plus grave accusation supplémentaire dont il aurait pu être accablé suite à la diffusion ce soir aurait pu être le parjure mais j’ai lu (c’est à confirmer, si un spécialiste du droit américain lit cet article !) que le délai de prescription pour cette faute est dépassé en ce qui le concerne. Avec des avocats pour le conseiller, une interview complètement préparée, orchestrée, Armstrong, qui a déjà été déchu des titres les plus importants de sa carrière ne devrait pas être inquiété outre mesure par des révélations que l’on n’imagine pas complètes. 4 jours de montages auraient été nécessaires pour mettre d’accord les avocats de toutes les parties concernées par la diffusion : assez pour se protéger.
Les enjeux autres liés à ce déballage
Si Armstrong se décidait à en dire plus qu’on peut aujourd’hui le penser, cela pourrait être un tremblement de terre incroyable pour le monde du cyclisme. Imaginez, l’un de ses plus grands champions, même si tout le monde le soupçonnait, se met à table. Son influence et sa main mise sur le milieu à l’époque était telle qu’il doit avoir lui aussi, de quoi faire tomber un nombre de têtes incalculable. On parle là de coureurs, de directeurs sportifs, de médecins mais aussi de dirigeants de ce sport encore en place qui pourraient avoir une part plus ou moins importante de responsabilités dans le système de tricherie généralisée. Des révélations complètes pourraient avoir un impact dont ce sport pourrait avoir du mal à se relever.
L’un des temps forts de l’année sportive 2013 ?
Si nous ne pensons pas que le vrai grand déballage aura lieu et que cette interview ressemblera plus à une grande opération de communication, ce moment devrait toutefois constituer un temps fort dans l’année sportive (ou extra sportive, selon votre point de vue). Car ne nous trompons pas. S’il y a déjà eu des révélations de champions de cyclisme ou même d’autres sports (Marion Jones…), c’est là bien l’un des plus grandes figures du sport US et mêmes mondiales qui s’avance pour confesser et parler d’une problématique qui affecte un sport en souffrance depuis des années et des années. Peut-être jamais un sportif n’a cristallisé autant d’admiration et de rancœurs à l’échelle mondiale. Alors quoiqu’il se dise ce soir et demain, ce ne sera pas anodin.
Le déserteur
Finalement, on aime bien Mickael Landreau. Un mec capable de s’assoir sur un contrat de footballeur professionnel, ça ne se croise pas à tous les coins de rue. Surtout pas en milieu de saison. Alors quand l’un d’entre eux le fait, quitte à essuyer quelques vannes, c’est à signaler. Gros plan sur un joueur important du paysage du football français. Depuis presque 20 piges.
Mickael Landreau a débuté sa carrière à 17 ans et demi. Jeune. Très jeune, surtout pour un gardien. On est le 2 octobre 1996 et ce jour-là, le FC Nantes Atlantique fait face à Bastia. Ce jour-là, le petit jeune stoppe un penalty et met en marche une solide réputation de spécialiste des arrêts de pénos. Légende entretenue en humiliant quelques années plus tard Ronaldinho avec un stratagème qui restera dans les annales (désolé pour la mauvaise qualité d’image de la vidéo ci-dessous). Deux ans plus tard, le gamin prend le brassard de capitaine du club. Capitaine du FC Nantes Atlantique à 19 balais et champion de France à 23 toujours avec les canaris, on peut dire que la carrière du bonhomme partait sur de bons rails. Après 10 saisons passées sous le maillot des canaris dont le jaune est nettement moins pétant que lors de ses débuts, le joueur change d’air. 10 ans quand même. Première raison d’avoir un minimum de respect pour le mec qui a toujours eu les cheveux gris.
« Micka » fait ensuite LE choix de carrière de la décennie : rejoindre le PSG dans la pire période de l’histoire du club. 2006 – 2009, ou comment passer trois années à jouer le maintien ou un rôle de petit outsider dans le club ou les plus grandes emmerdes vous retombent sur la tronche lorsque les résultats ne suivent pas. Bingo. Landreau se met au niveau de ses partenaires et commet quelques erreurs grossières que les supporters n’oublieront pas. Au bout de trois saisons, le gardien dit stop et rejoint le LOSC.
Et là, c’est le drame. 4 jours après avoir signé son contrat, il se pète le genou. Rupture des ligaments croisés. Six mois d’indisponibilité prévus. Tout le monde croit à un gag mais non. Finalement, c’est trois mois plus tard qu’il revient sur les terrains et après avoir passé le cap des 500 matches de Ligue 1, il soulève au bout de deux saisons dans le nord le trophée de champion de France et la Coupe de France, accomplissant l’une des meilleures saisons de sa carrière.
Mais on aime bien Landreau aussi parce que tout au long de sa carrière, ce joueur s’est trimballé quelques casseroles. Souvent en désaccord avec ses entraîneurs, il a pris part à quelques drôles d’histoires. L’une d’entre elles n’est pas de son fait : en 2008, alors qu’il fait partie des pré-sélectionnés pour l’euro, il est dans les 7 exclus de la liste des 23 repartis en hélico la queue entre les jambes. Il se dira traumatisé par l’expérience. Raymond Domenech, bourreau des cœurs.
Toujours en équipe de France, Mickael Landreau c’est aussi le chambrage de Gregory Coupet resté dans les mémoires de chaque fan de foot. Nous sommes en septembre 2007. La France accueille l’Ecosse au Parc des Princes. Landreau, alors gardien du PSG joue dans son stade. L’attaquant écossais envoie une frappe moyenne. Mickael passe un peu au travers. Coupet, gardien titulaire de l’équipe de France mais blessé au moment du match taille : « Je pense que je l’aurais arrêté ».
Penalty Panenka – Mickael Landreau par Vahirua-Yepes
Et puis c’est aussi l’une des plus belles cagades de l’histoire du foot français. Alors que son équipe est à un tir au but de la victoire en Coupe de France, Landreau, le gardien, s’avance. S’il marque, c’est terminé. Tout le monde retient son souffle. Et là, c’est le drame. Landreau tente la panenka. Et la foire. Teddy Richert, gardien de Sochaux ne bouge pas et capte le ballon en bougeant à peine les mains. Derrière, Nantes perd la coupe. Ce qu’on appelle une boulette.
Enfin Landreau, c’est quelques bourdes au PSG. Sous la pression, le gardien a parfois flanché. Et ça, c’est toujours rigolo.
Kiev vs PSG – Ligue Europa
Alors que l’on pouvait penser que Landreau finirait sa carrière au LOSC, la détérioration de ses rapports avec son coach, ses dirigeants et semble-t-il ses coéquipiers en a décidé autrement. Le joueur a quitté son club et ses 360 000 euros bruts mensuels, rompant son contrat sèchement, en accord avec sa direction. A 33 ans, il pourrait bien s’en aller relever un dernier défi dans un club de moindre envergure. Un épisode qui ne fait pas si tâche au milieu d’une carrière peuplée de hauts et de bas mais que le joueur a toujours su traverser avec un certain recul qui le rend sympathique.
Good Morning Zlatan
La perfide albion avait pourtant fait le boulot à un quart d’heure de la fin. Match maîtrisé, en avance d’un but dans le nouveau stade suédois de Solna, en pleine banlieue nord de Stockholm. Mais hier soir Zlatan est passé par là. Hier soir, Zlatan a frappé. 4 fois. Hier soir, Zlatan, nouvelle méga, giga, tétra star de notre bonne vieille Ligue 1 a désossé l’Angleterre a lui tout seul. Et monopolisé l’attention de tout le monde. Encore une fois. Pour ses 4 buts mais surtout pour le dernier, qui va faire le tour de Youtube à vitesse grand V. Alors oui, on va ENCORE parler de Zlatan. Mais comment faire autrement ?
Hier soir aux alentours de 22h50. Une bonne partie des téléspectateurs de Italie – France sur TF1 est avertie d’un match exceptionnel de Zlatan. Avertie d’un petit quadruplé par CJP déjà, pour ceux qui n’avaient suivi le score de Suède – Angleterre. Et avertie surtout d’un but sensation. Twitter, Facebook sont déjà sur le coup et balancent la vidéo rapidement. Les discussions entre potes sur le match et la performance de Valbuena s’arrêtent alors qu’il n’est pas encore terminé. Et tout le monde trouve un point d’entente après avoir poussé un petit cri de surprise au moment du visionnage du but : Zlatan est un monstre.
Son but hier soir, c’est un geste dont tout le monde se rappellera. Comme on se rappelle du coup du scorpion de René Higuita, de la panenka d’Antonín Panenka. Parce que c’est de l’inédit, parce que c’est spécial parce que c’est une pure invention. Le truc que tu as rêvé de faire gamin dans la cour avec tes potes. A encore une différence de la panenka, personne ne pourra reproduire ce genre de geste. C’est physiquement impossible. Pour la forme, on vous ressort quelques gestes fous qui ont marqué l’histoire du foot.
La panenka, d’Antonín Panenka
Le coup du scorpion, de René Huiguita
La Madjer, de Rabah Madjer
La Zlatan, de Zlatan
Sinon, histoire de compléter le tableau et de régaler tout son monde bien comme il faut, Zlatan a aussi assuré en conférence de presse, en nous offrant un aperçu de sa légendaire modestie. On conclue donc sur quelques morceaux choisis.
Pensez-vous que c’est votre meilleur match avec la Suède?
« Non, non, je pense que j’ai fait beaucoup de grands matches. »
Steven Gerrard, à qui on demandait cette semaine combien il noterait sa carrière internationale, disait qu’il se donnerait six ou sept sur dix. Combien donneriez-vous à votre carrière avec la Suède?
« Dix. »
Saquez le Messi !
Pour la 4ème année à la file, Cristiano Ronaldo ne gagnera pas le ballon d’or. Pour la 4ème année consécutive, Iniesta ne gagnera pas le ballon d’or. Idem pour Xavi et Casillas. Et pourtant !
Et pourtant ce n’est pas faute de faire ce qu’il faut sur le terrain pour le devenir. Le problème n’est pourtant pas très grand. Approximativement 170 centimètres : la taille approximative de Lionel Messi. Le 7 janvier prochain, l’Argentin a toutes les chances de rafler une nouvelle fois la mise au nez et à la barbe de notre ami de Madère et de ses copains espagnols, aussi. Le tout sans avoir gagné une vraie compétition d’envergure cette année. Carrément moche, quand on y réfléchit. Puisque la liste des 23 finalistes pour remporter ce prix de prestige a été dévoilée cette semaine, on vous dit pourquoi on pense que Messi, meilleur joueur du monde et grandissime favori, ne devrait PAS le remporter.
Moche pour Cristiano. Plus d’un but par match en moyenne en Liga depuis son arrivée au Real (123 en 3 saisons et demi), la Liga 2011/2012 dans la poche (devant Messi), une importance plus que capitale dans les résultats obtenus par le Real ces dernières saisons… Cristiano ne peut pas faire vraiment plus pour concurrencer l’argentin. Qu’on ne vienne pas nous dire que l’homme peine dans les grandes occasions. Cristiano est quasiment toujours là. Et même désormais dans les chocs face au Barça. Et même avec l’équipe nationale. Match décisif pour la qualification en quart de finale de l’Euro ? Doublé. Quart de finale de l’Euro à l’arrache remporté d’un petit but ? Buteur. Demi-finale de Ligue des champions retour face au Bayern Munich ? Doublé. Dernier clasico ? Doublé. Les faits parlent d’eux-mêmes.
Petit problème. Cristiano n’a gagné ni l’Euro, ni la Ligue des champions cette année. Seuls ces titres auraient pu faire basculer l’opinion et les votes en sa faveur. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Face à l’Espagne avec sa sélection, Cristiano échoue aux tirs aux buts en demi-finale. Pareil en Ligue des champions. La loose attitude, c’est quelque chose qui se cultive…
Moche aussi voir surtout pour les espagnols. Depuis quand le football ne récompense t-il plus ses vainqueurs ? Une Coupe du Monde, 2 championnats d’Europe. A la suite ! Mais les Ibères s’assoient invariablement sur la plus prestigieuse des récompenses individuelles depuis Di Stefano en 1959. Les Xavi, Iniesta, Casillas ont écrasé leur discipline sur le plan collectif sans jamais être récompensés individuellement. Une véritable anomalie de l’histoire de la discipline. Il est franchement temps que cela change.
La beauté du football réside avant tout dans l’émotion qu’il procure. Dans son incertitude. Le plus faible qui a une chance réelle de remporter la rencontre, la capacité à s’ancrer dans les mémoires collectives dans les moments qui comptent par des grandes victoires, de marquer les buts ou de réaliser les actions dont on se souvient… Le football est tout sauf un constat objectif de qualités intrinsèques. Pour cela Messi ne devrait pas remporter un 4ème ballon d’or consécutif. Ce paragraphe est peut-être plein de poncifs mais de quoi nous rappellerons-nous dans quelques années ? Du but en finale de la Coupe du Monde 2010 d’Iniesta, de la parade de Casillas face à Robben et des trois titres consécutifs sur le plan international de la Roja. Pour cela, je milite pour que cette récompense soit enfin offerte à un joueur espagnol.
Nous verrons bien si les capitaines de sélection, les sélectionneurs et les journalistes spécialisés feront ce choix. Rendez-vous début janvier pour le résultat final.
Clément Chantôme, titi de paris
Clément Chantôme n’est pas le joueur le plus élégant du Paris Saint-Germain version 2012/2013. Clément Chantôme n’est pas même le meilleur joueur du Paris Saint-Germain version 2012/2013. Clément Chantôme n’est même pas non plus le joueur le plus médiaitque du Paris Saint-Germain version 2012/2013.
Mais Clément Chantôme s’impose de plus en plus comme un pion important du PSG cette saison. Suite à son non départ vers Lyon en août, le numéro 20 du PSG, parfois surnommé « Dieu Chantôme » sur Twitter par quelques supporters parisiens de longue date (conseil d’ami, suivez le hashtag #TeamChantome pendant les deux matches de l’équipe de France, vous devriez vous rendre compte de l’ampleur du phénomène !), a fait évoluer son statut au sein de l’effectif parisien. Tout seul. Car rien n’était acquis cette saison pour le gamin de Sens. Parti pour ne pas souvent voir son nom couché sur la feuille de match, il vient d’enchaîner plusieurs titularisations d’un niveau convaincant. Ce début de saison lui a valu d’être convoqué en Equipe de France dimanche soir dernier, suite à la blessure de Lassana Diarra. Retour sur l’itinéraire d’un joueur adoré des fans qui pourrait voir sa carrière définitivement décoller.
Up & Down
Clément Chantôme vient de passer le quart de siècle mais cela fait un moment qu’il étrenne ses crampons sur les terrains de France et d’Europe (plus de 200 matches avec le PSG). A 25 balais, il a déjà connu plusieurs carrières si l’on peut dire. Titulaire indiscutable très jeune à un moment assez sombre dans l’histoire du niveau de jeu du PSG, son club formateur, il va acquérir un statut d’indéboulonnable dans le cœur des supporters du Parc en refusant par exemple de poursuivre des négociations avec Arsenal à la suite d’une saison pleine en 2007/2008, à 21 ans.
Malheureusement au fur et à mesure des arrivées, Chantôme perd son statut de titulaire et doit se contenter de bouts de matches pour exister. La saison 2011/2012 est à ce sujet un petit calvaire (21 apparitions toutes compétitions confondues). Un changement de stratégie dans sa carrière est alors évoqué : partir dans un club moins soumis à la concurrence pour accumuler du temps de jeu. Lyon veut le récupérer, tout comme l’autre espoir du club soumis à la pression de la concurrence féroce au club : Mamadou Sakho. Mais la direction du club tranche : Chantôme ne partira pas.
This is a love song
Cet été, donc après son départ avorté vers Lyon, Chantôme aurait pu sombrer. Mais avec les blessures conjuguées de Sissoko, Motta et Bodmer, il s’installe au milieu de terrain avec régularité. Lui le batailleur, qui s’arrache pour ses coéquipiers devient essentiel dans une équipe ou le manque de discipline défensif de plusieurs joueurs offensifs fait défaut aux côtés d’un Matuidi. Il a de plus pour lui l’immense avantage d’être réellement aimé du Parc et d’être un porteur naturel des couleurs parisiennes et donc de faire le lien entre les époques du club qui se chevauchent actuellement (avant / après arrivée du Qatar et avant / après plan Leproux) : une denrée rare pour permettre au club de conserver une identité en ces temps de changements vitesse supersonique.
Alors Clément Chantôme ne sera sûrement pas titulaire dans les rencontres des Bleus ce week-end et mercredi prochain face à l’ogre espagnol. Peut-être entrera-t-il. Mais ce joueur, qui a en quelques sortes un profil à la Deschamps, gagneur, batailleur, intelligent dans le jeu doté d’une technique très correcte mais sans attirance pour le but, marque les esprits. Par sa simplicité et son dévouement à son club de toujours. On lui souhaite donc de s’installer en équipe de France et l’on rêve pour lui d’un destin à la Ambrosini, aujourd’hui garant des valeurs du Milan AC après les départs des grands cadres du vestiaires milanais cet été.
André
André Agassi est un champion totalement hors du commun. Né le 29 avril 1970 à Las Vegas, il est l’une des grandes figures de l’histoire de son sport : le tennis. D’autant qu’il s’est marié à une autre des grandes de ce sport. Steffi Graf (22 titres du Grand Chelem !).
André est donc une figure du sport à la petite balle jaune. Mais pourquoi donc me diront certains ? Et bien parce qu’il a tout gagné ! 4 Open d’Australie, 1 Roland-Garros, 1 Wimbledon, 2 US Open, une médaille d’or aux JO. 101 semaines premier mondial. Une légende qu’on vous dit. Petit problème. André n’aime pas le tennis. On ne le sort pas de nulle part, il l’a dit, et même écrit dans sa biographie. Depuis qu’il a quelques piges et les entraînements paternels à la dure, qui l’obligeaient à cogner des dizaines de milliers de balles par semaine, il exècre ce sport. On tient donc une incarnation vivante du mot paradoxe.
André
Ce décalage entre le champion adulé pour ses performances, son look détonant et son ressenti sur ce qu’il était en tant que joueur et sa profession de champion absolu de tennis a donné des idées à certains. Marie Rémond, issue du Théâtre National de Strasbourg, assistée par deux de ses collègues s’est réapproprié l’histoire d’André en se basant sur sa biographie. Les contradictions du personnage ne manquant pas, elle s’appuie sur ces paradoxes pour présenter une pièce comique et mettre en avant certaines dérives du sport de haut niveau. C’est donc avec un plaisir non dissimulé qu’on vous parle théâtre dans la rubrique sport de LaTeam !
Car la curiosité m’a poussé à me rendre au théâtre du Rond Point. Il faut bien le dire, j’ai trouvé l’idée de départ excellente. Certaines des inspirations de mise en scène sont extrêmement bien senties comme celle de symboliser les contradictions du personnage en le faisant interpréter par une femme : Marie Rémond elle même. Autre très bonne inspiration : le fait de revivre certains moments de la vie d’Agassi en imposant comme fil conducteur un récit précis du dernier match de sa carrière. Et puis quelques vannes assez drôles il faut le dire. Les connaisseurs a minima de tennis retrouveront en plus une caricature de Nick Bollettieri et les joueurs se retrouveront dans certains tics du champion (rangement minutieux des raquettes dans le sac, mise en place obsessionnelle du grip et du sur grip)… Bref on passe plutôt un bon moment dans la salle, même si tout n’est pas parfait dans cette pièce selon moi.
Idées folles vs négativisme aigu
Tout n’est pas parfait car certaines orientations du scénario retranscrivant la vie du joueur m’ont gêné. S’il est vrai qu’Agassi a été poussé de manière outrancière par un père fou de tennis (comme beaucoup d’autres joueurs d’ailleurs), qu’il a été repoussé ensuite dans ses retranchements physiques et moraux pour parvenir au sommet du tennis mondial et plus que guidé dans ses choix de vie privée par des « conseillers » prêts à tout pour le faire gagner, engranger de l’argent et de la lumière médiatique grâce à ses succès sportifs le constat final sur sa vie est un peu lourd.
Car on ne peut résumer Agassi et une carrière de sportif professionnel de ce niveau à un amas infini de souffrances et à une succession de faits résolument négatifs. Car une vie faite de victoires et d’émotions fortes comme celle d’Agassi ne peut pas être présentée sous un jour uniquement négatif. Car le tennis est aussi un sport auquel un nombre incalculable de joueurs prend un plaisir immense à pratiquer au quotidien. On a parfois tendance à l’oublier pendant la pièce qui axe pour les besoins du scénario son discours sur un tennis professionnel amoral et sans émotion, oubliant le plaisir qu’il peut procurer.
Une idée de base excellente donc, qui valait le déplacement mais quelques imperfections qui m’ont « frustré », comme la longueur de la pièce (60 minutes) qui ne permettait pas aux acteurs au scénario d’utiliser d’autres anecdotes, qui auraient pu tempérer la vision uniquement négative de sa carrière au travers d’histoires plus sympathiques (perruque, histoire d’amour avec Steffy Graff…).
Ma note : 6 / 10 / Si vous voulez aller vous faire une idée par vous même, les places sont en vente ici. Dépêchez-vous, la dernière au théâtre du Rond Point aura lieu le 3 octobre et la pièce a bénéficié d’une bonne presse, les derniers billets s’il en reste seront disputés !
M le maudit
Jusqu’à lundi soir dernier, Andy Murray avait joué 4 finales de Grand Chelem. Il en avait jusqu’alors perdu… 4. Lundi soir donc, il disputait son cinquième rendez-vous avec l’histoire du tennis, à New York. Il était opposé à Novak Djokovic, numéro 2 mondial, favori de cette finale. Lundi soir, Andy Murray a enfin pris une nouvelle dimension en remportant sa première victoire majeure, soulageant par la même occasion tout un peuple. Cela faisait en effet 76 ans qu’un joueur britannique n’avait pas remporté un tournoi du Grand-Chelem. Comme dirait l’autre, « rien ne sert de courir, il faut partir à point ».
Car Andy Murray avait une bonne image de looser qui lui collait à la peau. Légèrement moins depuis août et sa victoire aux Jeux Olympiques face à Roger Federer en finale, mais quand même. Les JO sont loin d’être un Grand Chelem. Ils ne sont pas la compétition grâce à laquelle s’écrit l’histoire du tennis. Alors après des années passées à courir après une très grande victoire, Andy se coltinait toujours l’image du bon gros perdant. De celui qui ne parviendrait peut-être jamais à gagner. Toujours placé (2 finales en Australie, 1 finale à Wimbledon, 1 finale à New York, une ½ finale à Paris), jamais gagnant, l’histoire se répétait malgré des changements de coachs et des progrès notés au niveau de la mentalité affichée sur le court et dans le jeu.
Il faut dire que les temps actuels faisaient qu’Andy n’avait pas vraiment la chance avec lui. Malgré un talent absolument indéniable, l’Ecossais était barré parce que l’on est en droit de considérer comme la concurrence la plus relevée de l’histoire du tennis. Si Murray n’a pas gagné de Grand Chelem, c’est avant tout parce qu’il joue à une époque hors norme. Après avoir du se farcir l’hégémonie du duo Nadal – Federer pendant ses jeunes années, Andy aurait pu obtenir le devant de la scène lorsque ces deux monstres ont enfin fini par baisser de régime. Que nenni. Djokovic est venu frapper à la porte. Dommage, Andy a du coup été relayé comme 4ème roue du carrosse. Celle rapportée un peu par hasard. Celle qui ne gagne pas.
Cette situation lui donnait jusqu’à lundi soir une place vraiment particulière sur le circuit. Car il ne souffrait d’aucune contestation qu’il était assez largement supérieur à l’ensemble des autres joueurs. Mais de la même manière, il semblait aussi largement inférieur aux trois premiers lorsque ces derniers étaient en forme, au moins mentalement parlant. Murray constituait donc une sorte de maillon intermédiaire de la chaîne alimentaire du tennis mondial à qui seule une victoire de l’acabit de celle de lundi pouvait lui permettre de changer de statut. Cette finale disputée le lundi change tout. A 25 ans, le blocage s’en est allé et l’Ecossais peut désormais afficher de nouvelles ambitions. Et pourquoi pas de prendre le pouvoir du tennis mondial, au nez et à la barbe des trois autres, qui sentent le vent d’Ecosse se rapprocher assez violemment. Nadal, 4ème mondial cette semaine, en a déjà fait les frais.
Ciao Super Pippo
« Je sens où va aller le ballon » avait un jour déclaré Pippo Inzaghi au magazine So Foot pour expliquer comment il avait pu inscrire un nombre incalculable de buts. Inzaghi, peut-être le joueur qui a été le plus détesté en France. Râleur, raccroc mais toujours buteur, il a été pendant des années un emblème de la défiance des français envers le foot italien au moment où il était à son plus haut. C’était aussi mon joueur préféré gamin et sa fin de carrière méritait qu’on lui rende un dernier hommage.
Parce qu’Inzaghi, avant d’être un joueur folklorique capable de traverser un terrain pour contester une position de hors jeu évidente, est un incroyable buteur. Peut-être même les fans de foot ne se rendent pas compte de ce qu’il représente pour le football italien. Avec 316 buts inscrits au Milan, à la Juventus et pendant les premières années de sa carrière (il a débuté chez les pros en 1992), il se place tout simplement comme le quatrième buteur de l’histoire du football italien derrière les légendes Piola, Meazza et Baggio. Il est également le second meilleur buteur en Coupe d’Europe toutes compétitions confondues (derrière Raul).
Inzaghi, c’est un buteur instinctif, toujours placé, prêt à exploiter une erreur de l’adversaire, le bon travail d’un coéquipier. Sur l’ensemble de ses buts, quasiment aucun n’a été inscrit en dehors de la surface, aucun avec le dribble de plusieurs adversaires avant la conclusion.
Cela ne l’a pas empêché d’être un joueur incroyablement décisif. Il fût pendant des années celui qui marque les buts qui comptent, celui des grands rendez-vous. L’un des meilleurs exemples, les français s’en rappellent. Particulièrement les supporters lyonnais. Lors d’un quart de finale de Coupe d’Europe en 2003, il inscrit le premier but milanais suite à un centre de Seedorf. A quelques minutes de la fin de la rencontre, l’OL est qualifié mais c’est sans compter sur « Super Pippo ». Suite à une frappe de Shevchenko qui touche les deux poteaux de Coupet, il est là pour pousser le ballon au fond des filets à 30 centimètres de la ligne. Plus moche tu meurs. Plus important tu meurs aussi. L’OL est éliminé et l’attaquant peut laisser éclater une joie que l’on qualifiera pour le moins de démonstrative (4’50″).
Pippo a raccroché son maillot du Milan AC dimanche dernier après un dernier but. Entré après l’heure de jeu, il attendait la 83ème minute de jeu pour scorer son dernier pion et se laisser aller à une dernière célébration dont il a le secret. A plus de 39 ans, il pourrait terminer tranquillement sa carrière aux Etats-unis, en Chine ou dans un petit club italien mais tout le monde retiendra son attachement au Milan (11 saisons).
On l’aimait pour son caractère, pour sa propension à marquer des buts à l’extrême limite du hors jeu, ses célébrations délirantes sur des buts sans enjeu, ses traversées de terrain pour contester un hors jeu totalement évident. Ce joueur et son caractère, roublard, manquera certainement un peu au foot professionnel actuel. Pour le plaisir, le résumé de son dernier match et donc les images de son dernier but en vidéo. A noter qu’on aurait également pu parler d’Alessandro Del Piero, de Nesta, de Seedorf ou de Gattuso qui ont également raccroché les crampons ou quitté leur club de toujours en cette fin de saison.
Captain Fracasse
It’s over. Guy Forget n’est plus, depuis le week-end dernier, le capitaine de l’équipe de France de tennis. Et cela fait forcément un peu tout bizarre aux amateurs de tennis. C’est que cela faisait un bail que l’homme était en place. Depuis 1999 précisément. Presque 15 piges. D’aussi loin que mes 23 ans peuvent me le rappeler, je n’ai pas souvenir de rencontres avec Yannick Noah ou tout autre coach sur le banc. Guy Forget était une espèce d’institution sportive inamovible pour notre génération. Coup de vieux quand tu nous tiens.
Pour les profanes, Guy Forget n’a pas été qu’un consultant de télévision / capitaine de Coupe Davis. Joueur de talent, il fût jusqu’à 4ème joueur mondial en 1991, année de son plus grand exploit. Car au delà de son honnête carrière de joueur en simple (aucun titre du Grand Chelem, 2 Masters 1000 dont Bercy en 1991), Forget a surtout donné à la France du tennis ce qui restera peut-être sa plus belle émotion (en concurrence avec la victoire remportée par Noah à Roland Garros en 1983) : le point qui a offert à la France la victoire en Coupe Davis 1991. Un match pas tout à fait comme les autres puisqu’il l’opposait à l’un des meilleurs joueurs de tous les temps : Pete Sampras (même si ce dernier avait 20 ans à l’époque). Dans un Bercy en fusion, Forget résistait à la pression et faisait péter un plomb à Noah et chialer Leconte. La preuve en vidéo avec le dernier jeu.
2001, l’odyssée de l’espace
Deux ans après sa prise de fonction et une première finale perdue en France face à l’Australie, Forget atteint de nouveau la finale de la Coupe Davis. Cette fois-ci à Melbourne, sur gazon. Les frenchies sont donnés perdants, surtout sur cette surface. Que nenni. La France l’emporte et fait rentrer son capitaine dans l’histoire en lui faisant gagner la coupe en tant que joueur et que capitaine.
En 2002, nouvelle finale. Cette fois-ci à Bercy. Lors du match décisif, Paul-Henri Mathieu, PHM pour les intimes craque et se ruine mentalement pour le reste de sa carrière. Alors qu’il mène 2 sets à 0 face à Mikhail Youzhny, alors qu’il est à 2 points du match, le jeune tricolore s’effondre et perd la rencontre. Pendant la décennie de règne de Forget, la France atteindra une troisième fois la finale de la Coupe Davis qu’elle perdra en Serbie face à un Novak Djokovic sur un nuage.
Après un départ remplit d’émotions lors de la défaite des Bleus face aux États-Unis à Monte Carlo, le capitaine et futur parton du tournoi de Bercy a envoyé un bon taquet derrière les oreilles de joueurs de la nouvelle génération, avec lesquels il n’a jamais gagné la plus prestigieuse des compétitions de tennis par équipe (bon d’accord, c’est aussi la seule).
« Je pense que vous aussi, les médias, vous vous êtes trompés. Vous les avez présentés, très tôt, comme une génération qui allait gagner des tournois du Grand-Chelem […] aujourd’hui c’est leur faute. Chacun doit faire son autocritique ». Bim bam boum.
Bon. On vous rassure, vous ne perdrez pas l’ami Guy de vue. Consultant pour France Télévisions et patron du tournoi de Paris-Bercy, sa présence médiatique est assurée pour un moment encore. Ce n’est pas totalement pour nous déplaire. Ci-dessous en bonus track les adieux de Forget au public sur le cours dimanche dernier.
Les folles aventures de Tony
Tony Vairelles. Une coupe de cheveux géniale. 8 sélections en équipe de France. Un mec qui a cru en Gueugnon, qui a connu 12 clubs en tant que joueur et qui a définitivement pété les plombs en blessant par arme à feu des vigiles en sortie de boîte de nuit une soirée d’octobre (même si l’affaire est à mettre au conditionnel, Vairelles et ses frères continuent de nier avoir ouvert le feu après s’être fait expulser de la discothèque). Un bon petit gars comme on les aime, un mec sympathique sur qui le sort semble parfois s’acharner. Alors c’est parti pour l’histoire de Tony, looser magnifique.
Arsène Wenger à propos de Vairelles, un soir de Septembre 1998 après la rencontre opposant Arsenal à Lens au cours duquel Tony égalisa à la 92ème minute : « Il y a quelques temps, le père de Michel Platini m’a appelé pour me parler à propos de Vairelles. Il se trompe rarement sur ses jugements de joueurs et il ne s’est pas trompé non plus cette fois. Vairelles est fort, puissant et il dévore les espaces balles au pied. Mais les choses qui m’impressionnent le plus chez lui sont sa vitesse et son refus de se laisser intimider » (source).
Au début de sa carrière, Tony Vairelles, c’était donc ça. Un joueur extrêmement prometteur qui se prenait quelques volées de compliments et qui après 4 saisons à Nancy rejoint l’un des clubs phares de l’époque : le RC Lens. Au passage, non, Tony Vairelles n’est pas né à Lens mais à Nancy. Désolé pour les nostalgiques pour qui un premier mythe s’effondre.
Le mythe. Parlons-en. Tony Vairelles, c’est pour tous les amoureux de foot bien plus qu’un simple joueur qui a atteint un certain niveau en début de carrière et qui n’a cessé par la suite de décliner. Tony Vairelles c’est avant tout une coiffure. A Lens, il régale les yeux des spectateurs et téléspectateurs tous les week-end en arborant une crinière digne de… pas de pas grand chose en fait. La preuve en image ci-dessous (NO PHOTOSHOP INSIDE).
Et puis Tony, c’est aussi cette émission mythique. Ce numéro de téléfoot que tous les footeux ont vu et revu. Celui ou il drague, avec une classe qui n’appartient qu’à lui (fin de la vidéo), Sophie Thalmann (miss France 1998 qui co-animait le magazine à l’époque), la bombe de l’époque. Une vidéo dans laquelle absolument chaque seconde est magique. Radio nostalgie, le père et ses allusions graveleuses, le manteau de la maman et ses révélations en mode Confessions Intimes… La totale.
Autre moment mythique de la carrière de Vairelles : l’affaire Lee Dixon. Lors d’une rencontre de Ligue des champions face à Arsenal, Vairelles se fait expulser injustement suite à une simulation de l’anglais. Son absence de réaction et sa sortie digne du terrain achèvera de le rendre sympathique aux yeux de tous.
Là ou Vairelles construit sa légende, c’est aussi sur sa fin de carrière. Car un Vairelles n’abandonne pas. Après un début réussit (4 saisons prometteuses à Nancy), une confirmation à Lens (4 saisons, 38 buts et un titre de champion de France) il signe à Lyon, où il ne s’imposera jamais. Prêté à plusieurs reprises, il finira sa carrière sans grande gloire dans des clubs à la dimension médiatique minime (Bastia, Tours et même un passage à Dudelange au Luxembourg).
Et puis il y a eu Gueugnon. Gueugnon, la ville qui vivait des Forges. Mais avec la baisse d’activité de la principale ressource économique de la région (avec les mines de charbon et l’agriculture), la ville et le club ont perdu leurs partenaires financiers et leur attractivité. Pas de quoi effrayer Tony. Il s’engage en tant que joueur et en apportant des fonds de sa propre poche au club. Le club est alors en National. Toute la famille Vairelles s’implique d’ailleurs dans le projet pour le meilleur et surtout pour le pire.
Le 8 avril 2011, le tribunal de commerce de Mâcon prononce la liquidation du club bourguignon malgré des les dernières tentatives de Tony. Le début de la vraie fin. En octobre, il est arrêté avec ses frères pour tentative d’assassinat après une fusillade survenue à la sortie d’une discothèque en Moselle. Histoire glauque qui lui coûtera cinq mois de détention provisoire. Il vient d’en sortir mais est toujours sous le coup d’une mise en examen pour tentative d’assassinat.
On vous promet de vous tenir au courant des suites de cette affaire et des aventures de Tony dit « Tony le Rockeur », « Tony le Gitan », »Tony la Mut » ou le « Elvis du ballon rond ». Et oui. Une légende, cela passe aussi par des surnoms.























